Si la Stratégie industrielle de défense du Canada dévoilée par Mark Carney se concrétise, «ce sera un vrai changement de paradigme» pour les entreprises de la Rive-Sud souhaitant contribuer au renforcement des capacités militaires du Canada, se réjouissent la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) et la Chambre de commerce et industrie de la Rive-Sud (CCIRS).
«Le renversement de la tendance qui consacrait près de 75% des achats aux États-Unis pour prioriser désormais à hauteur de 70% les acquisitions canadiennes marque un véritable changement de paradigme. C’est l’occasion de faire de la défense un levier assumé de développement industriel, d’innovation et de souveraineté économique», expose Jean-François Lévesque, président-directeur général de la Chambre de commerce et d’industrie de la Rive-Sud.
Il considère le pilier de la Stratégie consistant à renouveler les relations avec l’industrie comme très prometteur.
«Les entreprises canadiennes peuvent devenir des partenaires stratégiques dans la construction et le maintien de nos forces armées, à condition que le dialogue et le maillage soient structurés et basés sur une compréhension mutuelle des besoins et des capacités», prévient-il.
Les rôles de la CCIRS et de la FCCQ sont de faciliter ces échanges, aligner les capacités industrielles avec les besoins opérationnels et préparer les entreprises à bien se positionner.
Véronique Proulx, présidente-directrice générale de la FCCQ, estime que «le Québec est particulièrement bien positionné pour en bénéficier grâce à des créneaux évidents comme l’aérospatiale, la construction navale et les véhicules terrestres».
Des industries fortes comme le génie, les technologies de l’information, l’intelligence artificielle et les sciences de la vie pourraient aussi saisir des opportunités.
Des bémols
Les deux regroupements insistent sur l’importance de la prévisibilité dans l’octroi des contrats liés à la défense que devra apporter la nouvelle Agence d’investissement pour la défense.
Ils ajoutent aussi que le succès de la Stratégie industrielle de défense dépendra de sa mise en œuvre, déplorant que certains éléments dont les capacités industrielles clés restent à définir et qu’aucun nouveau programme de recherche et développement de grande envergure n’est annoncé.
Selon un récent sondage de la Coalition québécoise pour la défense et la sécurité, 70% des entreprises se considèrent comme mal préparées pour saisir les opportunités émergentes en défense. «Un important travail de sensibilisation devra être fait pour s’assurer que les entreprises tirent leur juste part de cette stratégie», plaident donc la FCCQ et la CCIRS.

