Bianca Michetti est propriétaire des quatre garderies privées Les trésors de Biamel à Brossard et Longueuil. Et depuis quelque temps, elle remarque à quel point il devient difficile pour les parents d’y garder leur enfant. C’est pourquoi elle a organisé une marche le 27 mars afin de mettre en lumière ce qu’elle appelle «l’iniquité actuelle dans les frais de garde».
Ayant ouvert sa première installation il y a 17 ans, Bianca Michetti explique comment la dernière année a été particulièrement difficile.
«C’est la première année que j’ai des places vacantes comme ça. Ici à Brossard, j’avais 15 places vacantes et j’avais presque 25 places vacantes à Longueuil. Les parents pleurent dans nos bureaux, ne veulent pas quitter leurs éducatrices, leur milieu. Certains, ça fait 2, 3 enfants qui sont venus ici», témoigne-t-elle au Courrier du Sud.
Et Mme Michetti n’est pas la seule à brosser ce portrait en garderie privée.
«C’est sûr qu’ils veulent aller vers le 9,65$. Mais ils ne veulent pas y aller pour les bonnes raisons.»
– Bianca Michetti, propriétaire des garderies Les trésors de Biamel
À ses côtés, Marylin Gagné, propriétaire d’une garderie à Saint-Philippe et cofondatrice du mouvement tarif unique, indique avoir perdu 72 enfants en 3 ans et demi vers des milieux subventionnés.
«On dit qu’on manque de places, mais en fait, ce sont les parents qui ne sont plus capables de payer nos tarifs. Le fait que des milliers d’enfants qui sont déplacés au détriment de leur bien-être, de leur sécurité affective, ça n’a pas de bon sens», soutient-elle.
«De mon côté, c’est la première fois en 10 ans qu’il manque 20 enfants en septembre. C’est catastrophique. Si on continue comme ça, je fais faillite dans trois ans», ajoute Steve Pourciel, l’autre cofondateur du mouvement et propriétaire d’une garderie à McMasterville.
Remboursement et conversion
Ceux-ci estiment à 12 000 le nombre de places vacantes dans les quelque 1000 garderies privées comme la leur au Québec.
S’ils ont lancé le mouvement tarif unique, c’est qu’ils réclament principalement deux choses : de rehausser le plafond de remboursement du crédit d’impôt afin que le coût assumé par les parents soit équivalent au tarif subventionné, ainsi que d’accélérer le processus de conversion des garderies privées de qualité vers le réseau subventionné.
Deux mesures qui vont de pair, expriment-ils. M. Pourciel donne l’exemple de la récente annonce par Québec de créer 5000 nouvelles places subventionnées.
«Cette conversion de 5000 places, elle va être mortelle, parce que 5000 places, ça correspond à peu près à 70 garderies sur 1000. Si on prend le cas de Bianca ici, si elle devient subventionnée, bien la garderie de l’autre côté de la rue va mourir. Si c’est l’autre qui l’a, c’est elle qui va mourir», illustre-t-il.
«Par contre, s’ils viennent ajuster le remboursement anticipé, c’est correct. Les parents ne bougeront pas. […] La conversion en places subventionnées va peut-être coûter cher au budget, mais elle peut être plus longue à faire si le remboursement anticipé vient s’équilibrer en attendant», poursuit-il.
Celui-ci estime en outre que le montant évoqué par Québec – 400 M$ sur 5 ans pour convertir 5000 places – n’est pas tout à fait juste. «Ces 5000 places vont faire qu’on enlève 5000 remboursements anticipés. Et ça, c’est 175 M$ sur 5 ans», mentionne-t-il.
Un élan
Mme Gagné se dit ravie de l’élan que prend le mouvement tarif unique depuis sa création, il y a 5 mois. Le 24 mars, avec l’appui de la députée de Laporte, Isabelle Poulet, les deux cofondateurs ont déposé une pétition signée par plus de 32 000 personnes à Québec afin de réclamer un tarif unique pour tous les types de services de garde éducatifs.
Ceux-ci estiment d’ailleurs avoir reçu un très bel accueil à Québec et ont même commencé à parler avec des partis politiques en vue de la campagne électorale prévue à l’automne.
«Ça va être un bon moment pour se dire : ok, qui est prêt à se mettre le bras dans le tordeur pour les 100 000 parents qui n’ont accès à une place à 9,65$», indique M. Pourciel.
Les propriétaires de garderie assurent par ailleurs qu’il n’y a rien de gagné encore et qu’ils entendent aller au bout des choses.
«Cette situation ne serait jamais acceptée si c’était dans le réseau scolaire, alors pourquoi ça l’est pour la petite enfance?» soutient Mme Gagné.


Le MFA exigent les mêmes règlements, la même qualité avec les mêmes exigences pour l’ensemble des garderies qui obtiennent un permis! Une place = un tarif ! Simple de même! Tarif unique pour l’ensemble des familles! Aux dirigeants du Québec … Ajustez le remboursement anticipé et accélérez la conversion des places. Les parents choisiront le milieu qui leur convient… les bonnes garderies privées ou publiques resteront… suivra l’extinction des mauvaises garderies… qu’elles soient privées ou publiques …