Le service rapide par bus, sur lequel les mairesses de Longueuil et Brossard Catherine Fournier et Doreen Assaad ont arrêté leur choix pour développer un transport structurant sur le boul. Taschereau, n’est peut-être pas la meilleure option, selon Ian Hodkinson, directeur technique et développement des affaires – systèmes de transport en commun chez Alstom. À son avis, la voie ferrée serait à privilégier pour doter la Rive-Sud d’un nouvel axe de transport collectif est-ouest.

«Qu’est-ce qui offrirait un mode attrayant, qui donnerait le temps de déplacement le moins long possible? Je pense qu’une voie ferrée, que ce soit un tramway ou un train léger [serait la réponse],» a lancé M. Hodkinson, dans le cadre de la Grande Rencontre stratégique la Chambre de commerce et industrie de la Rive-Sud (CCIRS), le 21 avril à Sainte-Julie.

Le directeur technique d’Alstom, entreprise qui a conçu les véhicules du REM, partageait le panel avec des représentants du MET Aéroport métropolitain de Montréal et du projet d’expansion du port de Montréal.

L’effervescence et le développement économique de la Rive-Sud lui font dire qu’il est peut-être le moment de se dire qu’on a «besoin de la coche de plus» en matière de projet de transport.

En plus d’un temps de déplacement compétitif, l’intermodalité et le confort font partie selon lui des conditions gagnantes d’un projet de transport structurant.

L’attrait du mode ferré

Le trafic de l’autoroute 30, qu’a subi plusieurs participants à l’événement, est rapidement devenu le running gag des panélistes. M. Hodkinson a donné en exemple son temps de parcours, qui a été plus long que prévu malgré l’absence d’accident.

À ses yeux, un mode de transport structurant doit donner de la prévisibilité et M. Hodkinson juge «judicieux de prévoir et planifier le meilleur mode» qui pourra l’offrir.

«Les études démontrent que le mode ferré réussit à attirer plus de développement immobilier, mais également plus de passagers, notamment parce que c’est perçu comme un mode plus attractif.»

Questionné sur les délais de mise en place et les coûts de construction, qui peuvent vite s’élever dans le cas d’un projet plus lourd, M. Hodkinson apporte des nuances.

«Construire un SRB prend un temps important, ce n’est pas si vite que ça. Et quant au coût de construction, oui un SRB peut être un peu plus efficace qu’une voie ferrée, mais pas aussi efficace que ce à quoi on s’attend.»

Considérant qu’un véhicule de tramway peut transporter de 200 à 300 personnes, alors qu’un autobus contient de 50 à 100 passagers, il faut trois fois plus de chauffeurs pour opérer un SRB.

Ian Hodkinson évoque aussi des coûts d’exploitation plus élevés pour un SRB, considérant entre autres que l’on doit remplacer plus fréquemment les autobus, qui nécessitent davantage d’entretien. «Si on a un bon volume de gens à transporter, le tramway devient plus intéressant», avance-t-il.

Sans se prononcer sur l’axe est-ouest à privilégier pour y aménager un mode de transport structurant, M. Hodkinson estime la Rive-Sud chanceuse de disposer de plus d’un corridor linéaire, comme le boul. Taschereau et le centre de l’autoroute 30.

Un mode de transport structurant réduirait le nombre d’autos solos sur les autoroutes, donnant plus de place aux camions de marchandises. À ses yeux, il faut voir la «capacité autoroutière comme commodité précieuse et trouver une manière de la bonifier en offrant des alternatives attirantes, telles que la voie ferrée».

Rappelons qu’en juin 2025, les mairesses Assaad et Fournier ont annoncé conjointement leur volonté d’instaurer un Service rapide par bus le long du boul. Taschereau, qui sera transformé en «un axe urbain sécuritaire».

Le projet en deux phases – du terminus Panama à la route 116; puis de la route 116 au métro Longueuil – présente l’avantage, selon Mme Assaad, de s’appuyer sur une «démarche simple, réaliste et prête à se concrétiser».

Le SRB, estimé à 500 M$, se veut aussi un projet plus modeste que les autres avenues déjà envisagées, comme le tramway LÉEO et le prolongement du REM.   

Le siège social des Amériques, à Saint-Bruno

Malgré la maquette d’une voiture du REM bien en vue en bordure de l’autoroute 30, il est peu connu que Saint-Bruno-de-Montarville abrite le siège social d’Alstom pour l’ensemble des Amériques. Tous les projets d’Alstom, du Canada à l’Argentine, sont gérés ici. Il est fréquent que des trains en provenance du Mexique ou de l’Amérique latine arrivent au Centre de prototypage.

«On est bien implantés sur la Rive-Sud comme un pôle d’emploi important pour toute la région», soutient Ian Hodkinson.

L’entreprise compte actuellement quelque 150 postes à pourvoir.