Texte du Brossard Éclair
DÉVELOPPEMENT. Pour devenir une «référence dans le monde municipal québécois» comme elle le souhaite, la Ville de Brossard se devait d’effectuer un virage important en matière d’aménagement du territoire et d’urbanisme.
Initié il y a un peu plus de quatre ans, les versions finales du plan et des réglementes d’urbanisme ont finalement été adoptées lors de la séance du conseil municipal de Brossard du 6 décembre. Les nouveaux règlements entreront en vigueur dès que l’Agglomération de Longueuil aura délivré un certificat confirmant qu’ils sont conformes à son Schéma d’aménagement et de développement (SAD).
«Ç’a été un vaste processus de consultation, tant à l’interne qu’avec les citoyens. Tous les aspects ont été abordés, des normes applicables aux piscines jusqu’à celles pour favoriser le développement durable», mentionne d’abord le chef de la division planification à la direction de l’urbanisme, Denis Marchand.
L’enjeu premier de cette refonte était sans aucun doute toutes les dispositions en lien avec le développement durable. S’étant développée au cours des dernières décennies selon un modèle d’urbanisation favorisant une faible densité, l’éparpillement des fonctions urbaines et l’utilisation de la voiture comme mode de déplacement principal, la Ville a peu à peu contracté des maux liés à cette dépendance.
«Nous voulions favoriser un développement plus durable de ce qui s’est fait dans le passé, assure Denis Marchand. Quand on se compare à d’autres villes, il faut l’avouer, nous avons eu une vision assez innovante.»
Des objectifs clairs
Établi sous quatre grands objectifs – offrir un milieu de vie de qualité et durable; favoriser la protection et la mise en valeur de l’environnement; optimiser le potentiel de développement économique; et favoriser des réseaux de transport performants et structurants – , le Plan d’urbanisme 2016-2035 privilégie une plus grande utilisation des transports collectifs et des modes de déplacements non motorisés; prévoit une plus grande densité, à distance de marche des équipements structurants de transport collectif; et favorise également la réduction des distances entre les lieux d’habitations, les commerces, les services et les lieux de travail.
«Notre priorité est de développer la Ville en fonction de nouvelles réalités où la voiture n’est plus au centre de nos préoccupations et où le développement durable est toujours primé dans tout ce qu’on fait», mentionne le maire Paul Leduc.
Un système de l’avenir?
Un tout nouveau système d’évaluation pour les projets d’envergure a été mis en place par la direction de l’urbanisme: le système d’évaluation en développement durable (SEED).
«Il s’agit d’un élément clé de la réglementation. Tous les nouveaux projets d’envergure qui nous seront soumis devront passer par ce système, explique Denis Marchand. Les promoteurs devront nous soumettre une vision d’ensemble du projet. Fini le temps où le projet était pris isolément. C’est un système qui est inspiré du système LEED et un seuil de points doit être atteint par les promoteurs, par exemple avec la densification, les espaces et les toits verts, les aménagements pour favoriser le transport durable, la proximité des écoles, la mixité des fonctions. Tout ce qui fait le développement durable est pris en considération dans l’analyse.»
La performance environnementale est aussi prise en considération dans le SEED, notamment avec des ratios de plantations d’arbres, la pollution lumineuse et les rations de stationnement.
«Nous visons un pointage minimal et plus on nous proposera des dispositions qui favorisent le développement durable, meilleur sera le pointage. Nous laissons le choix au promoteur de trouver des solutions. Les éléments essentiels demeurent tout de même prévus au zonage», ajoute le chef de division.
Le Plan d’urbanisme 2016-2035 en dix grands projets
• Ajout de près de 15 000 nouveaux logements de typologies variées, dont 40% qui seront situés à proximité des équipements structurants de transport collectif
• Ajout de plus de 2 millions de pieds carrés de nouveaux bureaux et institutions
• Intensification et consolidation des activités commerciales dans les secteurs plus performants
• Rationalisation de l’offre dans les secteurs en déclin
• Consolidation des activités industrielles dans le secteur du boul. Matte
• Amélioration significative des infrastructures de transport actif
• Préservation et mise en valeur à des fins récréatives du bois de Brossard
• Revitalisation du boul. Taschereau
• Rénovation des secteurs anciens ou dévitalisés
• Protection et amélioration de l’accessibilité au fleuve Saint-Laurent et à la rivière Saint-Jacques
