SENSIBILISATION. La dégénérescence maculaire, qui obstrue la vision centrale, est l’une des pathologies visuelles les plus fréquentes, particulièrement chez les aînés. Si certains traitements chez les cas plus avancés peuvent freiner la progression, l’Institut Nazareth & Louis-Braille (INLB) se consacre plutôt à la réadaptation.

«On propose des stratégies pour compenser. Le défi de ces personnes est d’arriver à fonctionner malgré cette atteinte à leur champ de vision», fait état la spécialiste en activités cliniques pour la clientèle aînée, Lucie Roberge.

En 2014-2015, 6267 usagers ont bénéficié des services en réadaptation de l’INLB, tant dans ses bureaux de Longueuil, qu’à Montréal et Laval. Éducateurs, ergothérapeutes, travailleurs sociaux, psychologues et spécialistes en réadaptation visuelle peuvent intervenir au cours de ce processus, en fonction des besoins de l’usager.

Les personnes atteintes d’une pathologie visuelle peuvent aussi recourir à une foule d’outils afin d’être fonctionnelles dans leurs activités quotidiennes, mais encore faut-il qu’ils acceptent leur condition.

«Pour certains, c’est plus difficile de venir vers nous, d’accepter qu’ils devront changer certaines habitudes, ne serait-ce que d’approcher ce qu’ils lisent de leur visage.»

Un coup d’œil évocateur

Le travail de l’INLB est aussi de sensibiliser la famille à la réalité que vivent les personnes atteintes d’un trouble affectant la vision. Les simulateurs de pathologies visuelles sont d’excellents outils pour remplir cette mission.

Semblables à de grosses lunettes de ski, ces appareils reproduisent de nombreuses pathologies, comme la dégénérescence maculaire, le glaucome, les cataractes et la rétinite pigmentaire.

Le Courrier du Sud a testé celui simulant la dégénérescence maculaire. Une tâche aussi simple que d’écrire sur une feuille de papier se complexifie quand 75% de la vision est complètement obstruée, et que les contours sont flous.

«Il y a certaines règles d’or à respecter: les contrastes, l’éclairage, le grossissement, le rapprochement et le rythme qui doit être modifié», énumère Lucie Roberge.

Ainsi, en écrivant avec un crayon plus foncé, sur une feuille avec des lignes plus épaisses et en acceptant de se rapprocher le nez de la feuille, l’exercice parait bien plus facile.

De petits gestes qui font la différence

L’INLB tente de sensibiliser la population aux besoins des personnes qui vivent avec un handicap visuel. Les graphistes des revues et sites web sont par exemple appelés à accentuer les contrastes, à opter pour des caractères bien lisibles.

«Ça prend du noir et blanc. Un guide a été fait pour les graphistes, pour savoir quelles couleurs sont plus ou moins bonnes à employer. Le gouvernement et les grosses compagnies, comme Bell et Vidéotron, sont sensibilisés à ce problème», évoque Lucie Roberge.

Des gestes aussi simples que de proposer son aide à une personne handicapée pour traverser la rue sont aussi une façon d’être davantage sensible aux besoins de ces personnes.