FEUX D’ARTIFICE. Depuis que Marie-France Labelle est l’une des 19 membres du jury de l’International des Feux Loto-Québec à La Ronde, elle tente de «contaminer le plus de gens possible» de sa passion des feux d’artifice. Passion qui n’a fait que décupler grâce au nouveau regard qu’elle pose sur l’art de la pyrotechnie.

«C’est une expérience extraordinaire, je la recommande à tout le monde!», s’exclame la Longueuilloise. Mme Labelle adore les feux d’artifice depuis qu’elle est toute petite. Enfant, alors qu’elle habitait sur la Rive-Nord, ses parents l’amenaient à Montréal pour assister à ces soirées magiques. Et depuis, des feux d’artifice, elle en a vu des tonnes.

De son côté, Martin Bouthillier se considère également comme un grand amateur de feux d’artifice. Ayant déjà travaillé à l’International des Feux Loto-Québec, il savait que l’ambiance était particulièrement chaleureuse au sein de l’équipe de juges.

Choisir le Jupiter d’or

Ce grand intérêt pour les feux d’artifice fait de ces deux Longueuillois des candidats idéaux pour devenir membres du jury, qui doit évaluer les six feux d’artifice de la compétition, ainsi que les spectacles d’ouverture et de fermeture. Leur verdict déterminera quel pays emportera le trophée du Jupiter d’or.

Mais nul besoin d’être un maître artificier pour devenir membre du jury. «Le but est de donner notre opinion. Avec 19 membres, ça permet de refléter l’opinion générale du public. Sans avoir les mêmes résultats à la toute fin, probablement qu’on aura le même top 3 ou 4», est d’avis Mme Labelle. Le jury est formé de citoyens de toutes les tranches d’âge, et d’autant d’hommes que de femmes.

«En entrevue, il fallait expliquer pourquoi nous ferions un bon juré. Étant comptable, j’avais l’impression que je serais un bon analyste», fait part M. Bouthillier.

Des critères bien précis

Les 19 membres du jury ont tous suivi une formation d’une journée afin d’en connaître un peu plus sur le travail des artificiers et sur les différentes pièces pyrotechniques. Le soir même des feux, ils doivent compléter différents tableaux et analyser une foule de critères.

«Je prends des notes tout le long. On observe les produits pyrotechniques utilisés, s’il y a des formes particulières, des nouveautés. On analyse l’utilisation de l’espace: est-ce que tout le ciel de Montréal est bien couvert? Et il y a aussi la musique: est-ce synchronisé? Est-ce que la musique est appropriée? Est-ce qu’il y en a trop?», donne en exemple M. Bouthillier.

Ce regard critique et objectif n’a pas atténué pour autant l’enthousiasme de Mme Labelle, au contraire. «J’avais peur de perdre cette émotion-là. Mais non. Même si je ne regarde plus les feux aussi « innocemment », je remarque plein de détails et je comprends mieux le travail des artificiers, qui est resté très artisanal. Et c’est extraordinaire de vivre ce moment avec 18 autres passionnés!»

Sans affirmer qu’ils ressentent une très forte pression en tant que membre du jury, Mme Labelle et M. Bouthillier s’entendent pour dire que leur travail doit être exécuté avec sérieux. «C’est fait avec tout notre cœur, toute notre intelligence», affirme Mme Labelle.

Et qu’ont pensé ces deux professionnels des feux d’artifice présentés à La Ronde jusqu’à maintenant? «On a eu de très bons spectacles, très intéressants. J’invite les gens à venir y assister. Mais on n’a pas le droit d’en dire plus», tranche M. Bouthillier, secret professionnel oblige.