En 1990, Gisèle Massé, une ancienne enseignante auprès d’élèves en difficulté, est propriétaire de la Brasserie LeMoyne et membre de l’Association Marie-Reine, qui amasse des fonds pour différentes causes. «Je rencontrais plein de monde, des clients, des policiers, et tous faisaient le même constat: il manquait de ressources pour les jeunes», raconte celle qui a fondé l’organisme Hébergement Maison de la Paix, il y a aujourd’hui 25 ans.
Le même principe guide la fondatrice et son équipe depuis toutes ces années: répondre aux besoins réels de la communauté. «Je suis allée vérifier sur le terrain quels étaient les besoins. Et ils étaient en hébergement pour les jeunes.»
70 à 72 personnes hébergées
L’aventure débute donc en 1990 avec la location d’un premier immeuble sur le boul. Quinn. Avec le temps et le grand pouvoir de persuasion de sa fondatrice, l’organisme est l’un des premiers à être devenu propriétaire de ses bâtiments.
Au fil des ans, la mission de l’organisme s’élargit: en plus des jeunes en difficulté, il accueille aussi des femmes, avec ou sans enfants, et des hommes qui souhaitent obtenir un diplôme.
Aujourd’hui, Hébergement Maison de la Paix accueille quotidiennement 70 à 72 personnes et compte sur une équipe d’une vingtaine d’employés, tous formés en intervention. Plusieurs d’entre eux étaient réunis le 20 août à l’Auberge, la salle communautaire de la rue Sainte-Hélène, pour souligner les 25 ans de l’organisme.
«Nous devons croire en eux pour que les jeunes reprennent confiance. On va où le jeune veut aller, on les équipe avec ce dont ils ont besoin», témoigne Nadia, intervenante au Foyer, qui accueille onze jeunes de 14 à 17 ans en difficulté, dont huit issus des centres jeunesse et trois du milieu communautaire.
Le défi du financement
Il y a 25 ans, les bénévoles «allaient quêter toutes les fin de semaines dans les marchés aux puces», se rappelle Gisèle Massé.
Si l’organisme jouit maintenant d’une plus grande autonomie, les tracas financiers ne sont toutefois jamais bien loin.
La directrice générale Danielle Lussier, fière héritière de Mme Massée – «qui lui en a fait voir de toutes les couleurs!» –, a comme objectifs de trouver du financement récurrent pour Le Halo, qui accueille des jeunes hommes raccrocheurs de 18 à 35 ans, et de consolider le financement de La Chaumière, pour les jeunes femmes.
«Il faut prévoir la durée, voir les orientations à long terme, former des employés en gestion, affirme Mme Lussier. Les organismes communautaires doivent être de plus en plus autonomes financièrement, parce que les subventions ne sont plus au rendez-vous. Et les programmes faits pour fitter avec les subventions, je ne suis pas capable!»
«On ne coûte rien au gouvernement et on est payant pour la société parce qu’on aide des jeunes à devenir autonomes», rappelle Gisèle Massé, qui n’a rien perdu de son énergie combative d’il y a 25 ans.
Rens.: www.maisondelapaix.org
Les trois volets d’Hébergement Maison de la Paix
Le Foyer
Venir en aide aux adolescents de 14 à 17 ans en difficulté en offrant de l’hébergement à court, moyen et long terme ainsi que l’aide nécessaire afin de parfaire leur autonomie et favoriser leur réinsertion sociale.
La Chaumière
Venir en aide aux femmes en difficulté de 18 ans et plus, avec ou sans enfant, en offrant de l’hébergement de transition par le biais de logements sociaux avec support communautaire dans le but de permettre une reprise de pouvoir sur leur vie.
Le Halo
Venir en aide aux jeunes hommes adultes raccrocheurs scolaires de 18 à 35 ans en offrant de l’hébergement et tout le soutien nécessaire pour l’obtention d’un diplôme.
