Deux hommes de 20 ans ont été arrêtés dans le cadre d’une enquête visant à identifier au moins un commanditaire d’une série d’extorsions survenues dans des commerces de Saint-Lambert au cours des derniers mois. Il s’agit d’Abdel Camara, détenu à Montréal, et de Mohamad Jamil Allo.
«Ces arrestations sont le résultat de plusieurs mois d’investigation dans le cadre du projet Cabosse», explique le Service de police d’agglomération de Longueuil (SPAL), qui a tenu un point de presse, le 11 décembre.
Ce projet a été lancé à la suite d’une vague de menaces et d’actes criminels, dont l’incendie et la vitrine fracassée au restaurant Primi Piatti, le 30 septembre dernier. La veille, il y avait eu une tentative d’incendie du Café Limousine.
Un peu plus tôt, le 25 août, un adolescent de 16 ans s’était présenté dans ces deux commerces et le restaurant Cru pour remettre des enveloppes contenant des munitions et des lettres de menaces exigeant 500 et 7500$ sous peine de représailles. Les rançons devaient être versées par l’entremise d’une application mobile.
À ce moment, trois suspects avaient été arrêtés, soit Elisha Edens Louis, Bastien Beckham Akimana et un mineur.
Depuis sa cellule
Selon Sophie Tougas, capitaine aux crimes majeurs du SPAL, Abdel Camara, 20 ans, dirigeait ce réseau depuis sa cellule; une situation qu’elle qualifie de «déplorable».
En février, Camara a été condamné à trois ans d’emprisonnement pour un spectaculaire vol de véhicule qui s’était terminé par une attaque à la machette à Boisbriand, en octobre 2023. Dans ce même dossier, Allo avait reçu en juillet 2024 une peine de 12 mois avec sursis, assortie d’une probation de 24 mois sans supervision.
La policière ajoute que Camara et son acolyte pourraient être liés à des organisations criminelles plus importantes.
En terminant, la capitaine Tougas tient à rassurer les commerçants et la population : elle les exhorte à ne pas céder aux menaces ni à collaborer avec ces criminels. Elle invite aussi les jeunes attirés par l’argent facile à réfléchir aux conséquences de leurs gestes, rappelant que cela peut mener à des dossiers criminels, des antécédents judiciaires et pire encore. «Certains ont mis le feu à des bâtiments et se sont gravement blessés», illustre-t-elle.
D’autres perquisitions et arrestations pourraient suivre dans cette affaire.

