La pandémie a mis en lumière l’isolement de nombreux aînés, et plus que jamais, le Centre communautaire des aînés et aînées de Longueuil (CCAAL) veut rejoindre ceux se trouvant dans les milieux moins desservis par les ressources, et qui passent à travers les mailles du filet social.

«Je crois qu’avant la pandémie, on n’avait pas saisi l’ampleur de l’isolement [chez les aînés]», partage Nathalie Charbonneau, directrice générale du CCAAL, dont la mission est de maintenir et à améliorer la qualité de vie des aînés, notamment par leur prise en main personnelle et collective.

Malgré les 25 ans d’existence du Centre, sa mission n’est pas si bien connue des gens du quartier de l’arr. du Vieux-Longueuil. Certains croient à tort qu’il est destiné uniquement aux résidents des Habitations Paul-Pratt de la rue Lamarre, où sont situés ses locaux.  

«Ces résidents ont un filet social. Si on est sans nouvelle d’eux pendant un certain temps, quelqu’un va aller cogner à leur porte. Mais certaines personnes qui vivent dans des blocs appartements n’ont personne, compare Mme Charbonneau. Ce sont eux que l’on tend à rejoindre.»

L’équipe du centre réfléchit à tenir des conférences, où un intervenant social pourrait être sur place afin de demander aux aînés comment ils se portent. Un travail de terrain pourrait aussi rejoindre ceux hésitent à faire un premier pas pour assister aux activités de groupe que propose le Centre. 

«On veut amener un peu de nous chez eux», illustre Mme Charbonneau.

Aînés actifs

En poste depuis septembre 2020, Mme Charbonneau est aussi témoin d’autres répercussions de la pandémie chez les aînés. «En décembre,

«On est tombé en confinement. Puis, quand on est revenus en avril, le nombre de marchettes avait doublé!»

Le CCAAL œuvre d’ailleurs à la mise en place d’un projet, en collaboration avec une kinésiologue et un chercheur de l’Université de Montréal, afin d’aider les aînés à conserver le plus longtemps leur mobilité. 

«On est une machine à projets!»

-Nathalie Charbonneau.

Elle donne aussi en exemple la participation l’an dernier de quelques membres à un camp d’été à Chelsea, grâce à un budget alloué par Centraide.

«C’était un confort assez de base. On se demandait s’ils allaient aimer ça, et ç’a été un réel succès!», relate la directrice générale. 

Diversité d’activités

Le nombre de membres du Centre communautaire des aînés et aînées de Longueuil a chuté de façon importante, passant de 431 en 2019-2020 à environ 280 aujourd’hui, et la pandémie n’y est certes pas étrangère. Néanmoins, les activités se remplissent rapidement, surtout que les capacités des salles sont limitées, consignes sanitaires obligent.

Les dîner amicaux figurent parmi les «classiques». Divers jeux, tant physiques que cognitifs, y sont proposés aux membres. La situation sanitaire amène toutefois certaines restrictions.  «On fait plus des quiz, des activités plus tranquilles. Il faut être imaginatifs! On a hâte qu’ils puissent bouger!» exprime Nathalie Charbonneau.

Le café amical, en place depuis 20 ans, ainsi que les activités de loisirs servent également de porte d’entrée.

Difficile aussi de passer sous silence un autre «grand classique» du centre communautaire: le club des tricoteuses.

En tout, une trentaine de tricoteuses (et seulement un ou deux tricoteurs!) se rencontrent sur une base régulière pour créer des articles dont la vente permet d’amasser des fonds pour le Centre, alors que les invendus sont remis à des organismes. 

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Quelques membres du club des tricoteuses (Photo: Le Courrier du Sud ‒ Ali Dostie)