Texte du Brossard Éclair

Les retards s’accumulent pour un des trois projets immobiliers dans le secteur de l’ancien golf, ce qui force la Ville à faire elle-même des travaux qui devaient être payés et effectués par l’entrepreneur. Une taxe locale sera imposée aux futurs résidents du secteur.

Selon les documents soumis aux élus municipaux lors de leur dernière assemblée publique, le projet Jardins du Quartier devait être construit en plusieurs phases entre 2012 et 2016. Or, le site demeure pratiquement vierge encore aujourd’hui. On y trouve à peine quelques mètres de gravier, ainsi qu’un point de vente dont on a retiré toute mention du projet ou de l’entreprise responsable, Habitations Trigone.

Le problème, c’est que la portion sud de la rue de Châteauneuf ainsi que les utilités publiques comme les égouts et l’aqueduc devraient déjà avoir été construites par Habitations Trigone. Hydro-Québec et Bell attendent d’ailleurs la fin des travaux pour installer les infrastructures d’électricité et de télécommunications.

Ces installations doivent alimenter non seulement les résidences des Jardins du Quartier, mais également celles de l’autre projet résidentiel, Brossard-sur-le-parc, du Groupe Molesini, ainsi que la nouvelle école primaire construite sur l’ancien golf.

La Ville a d’ailleurs déjà installé des conduites temporaires pour alimenter l’école en électricité en vue de son ouverture à la fin du mois d’août. Cette option serait toutefois insuffisante pour les besoins du secteur.

Deux à trois ans d’études

Selon le vice-président aux opérations d’Habitations Trigone, Christian Faubert, l’entreprise a pris le temps nécessaire pour étudier la rentabilité du projet. L’entreprise n’a finalisé l’achat du terrain qu’au début de cette année et les autorisations du ministère de l’Environnement sont arrivées peu après.

«Avant d’acheter un terrain, on doit s’assurer que le projet est rentable. Le processus peut prendre de 24 à 36 mois, c’est un délai normal», explique-t-il.

Selon le directeur de l’urbanisme de Brossard, Éric Boutet, la municipalité devait également s’assurer de bien coordonner l’ensemble des projets du secteur C. «Il ne faut pas oublier qu’il y avait toutes sortes de consultations qui se faisaient en parallèle, notamment le rapport du Groupe de travail du secteur C», souligne-t-il.

Selon Christian Faubert, Habitations Trigone comptait construire la rue de Châteauneuf en plusieurs phases sur une durée de deux ans, à ses frais. Les parties s’apprêtent toutefois à négocier un nouveau partage des coûts parce que la Ville souhaite raccorder immédiatement la rue à au tronçon nord construit par le Groupe Molesini.

Selon les documents soumis aux élus le 5 juillet, la Ville accepterait de payer pour le recouvrement de béton, les bordures, les trottoirs, la piste cyclable et l’aménagement paysager. Quant à Habitations Trigone, l’entreprise sera responsable de l’infrastructure de rue, des égouts, de l’aqueduc, ainsi que des réseaux d’électricité et de télécommunications.

Les travaux de la Ville seraient financés à l’aide d’une nouvelle taxe locale imposée aux futurs résidents des Jardins du Quartier. Une situation déplorée par Antoine Assaf, chef de Renouveau Brossard.

«Pourquoi la Ville, et donc les citoyens, devrait-elle payer pour exécuter des travaux que devait faire Trigone, qui n’a pas respecter ses échéanciers? Par ailleurs, il n’y a pas d’estimation des coûts. Vous nous demander de signer un chèque en blanc», s’est-il insurgé.

Selon la Ville, les coûts seront connus une fois que la nouvelle entente aura été négociée et signée.

Éric Boutet ajoute que la facture totale du projet aurait payée par les futurs habitants même si l’ensemble des travaux avaient été menés par l’entreprise. «L’entreprise n’aurait quand même pas payé le coût des infrastructures en coupant ses profits», souligne-t-il.

Seulement en 2017

Une fois que l’entente sera approuvée, Habitations Trigone pourra enfin commencer la première phase du projet, quatre ans après l’échéancier prévu. Mais l’école et le Groupe Molesini devront tout de même composer avec un réseau électrique temporaire au moins jusqu’au premier trimestre de 2017.

Le porte-parole de Groupe Molesini n’a pas souhaité commenter le dossier.