La guerre de chiffres se poursuit entre les partis dans la course à la mairie de Brossard. La cheffe de Vision Brossard Hanadi Saad réclame que le programme triennal d’immobilisations 2025-2027 soit rendu public et craint les répercussions sur la dette des emprunts de 342,8 M$ qui y sont planifiés. Brossard Ensemble, parti de la mairesse sortante Doreen Assaad, lui reproche de confondre une planification avec la dette réelle. Le compte de taxes «a toujours été bas» et la dette stable, plaide le parti, qui s’engage à maintenir cette stabilité.
La candidate à la mairie Hanadi Saad accuse la mairesse sortante Doreen Assaad d’un manque de transparence, alors que le PTI n’est pas disponible sur le site Web de la Ville.
«En décembre 2024 et dans le magazine Ma Ville de janvier 2025, Mme Assaad a volontairement caché le tableau de l’ensemble des projets à venir lors de la présentation du budget 2025 et du PTI, reproche-t-elle. Selon les informations disponibles, le plan prévoit des dépenses en emprunt de 342 millions de dollars sur trois ans. Ce qui inclut aussi le financement à long terme du Complexe multigénérationnel, qui n’est pas encore sur la dette puisque les travaux viennent d’être terminés.»
Le PTI, transmis au journal par la Ville de Brossard, dresse la liste des projets envisagés pour les années 2025, 2026 et 2027. Leur valeur totale est chiffrée à 571 M$. Dans un tableau qui détaille le financement de ces réalisations à venir, il est prévu que 342,8 M$ proviennent d’emprunts.
«Il est temps de remettre de la transparence à l’hôtel de ville de Brossard et de donner l’ensemble des vrais chiffres aux citoyens», croit Mme Saad.
Après avoir fait une sortie la semaine dernière sur ses préoccupations quant à la dette de la Ville, elle revient à la charge en soutenant que les emprunts à venir et les projets en cours de réalisation pourraient faire grimper la dette.
«Le plan de Vision Brossard est clair : nous allons travailler à réduire l’augmentation de la dette en sélectionnant les bons projets pour les citoyens et nous allons viser à utiliser les surplus pour financer les projets. Il ne faut pas laisser une dette importante aux générations futures», plaide Hanadi Saad.
Distinction PTI et dette
Appelé à réagir, Brossard Ensemble parle d’une «confusion fondamentale» dans l’exposé de Vision Brossard.
«Un PTI est un outil de planification. Il n’y a aucun engagement de réalisation et surtout de financement», mentionne Michael Forian, porte-parole de la campagne du parti de Doreen Assaad.
Quant à la dette, elle «s’amortit et vient à échéance, poursuit-il. Pour connaître la dette nette, on additionne les nouveaux financements et on soustrait les remboursements des dettes arrivées à terme. Parler d’un total de PTI comme s’il s’agissait d’un «ajout net à la dette» est faux», soutient-il.
Par exemple, le PTI 2022-2023-2024, que le conseil municipal a adopté en décembre 2021, totalisait 207 M$ de projets envisagés. Au 31 décembre 2021, la dette était d’un peu plus de 190 M$.
«En suivant le raisonnement de l’opposition, la dette aurait «dû» grimper vers les 397 M$ en 2024. Réalité : la dette a diminué à 167 617 222 $», expose M. Forian.
Il rappelle par ailleurs que les projets réalisés ne sont pas automatiquement financés par emprunt, la Ville comptant entre autres parmi ses revenus les taxes, les subventions, les contributions des promoteurs et les affectations.
M. Forian souligne aussi qu’une «large part» des infrastructures est subventionnée.
«Depuis que la mairesse est en poste, le compte de taxe a toujours été bas et la dette stable», affirme Mme Forian. Le parti s’engage à maintenir cette stabilité de la dette et du compte de taxe.
Sur le site de la Ville
Michael Forian répond aux accusations de manque de transparence que le montant de 571 M$ de projets envisagés au PTI est public et disponible dans la présentation sur le budget 2025.
De son côté, la Ville de Brossard a affirmé que le PTI sera ajouté sur son site Web ce 21 octobre. «Il s’y trouvera à l’avenir», indique-t-on.

