Les différences entre les camps de jour offerts par les différentes municipalités sont notables, tant au niveau des prix que des services offerts. Pour le même service, des parents peuvent payer cinq fois plus cher que ceux d’une autre municipalité.
TC Media a comparé le service de camp de jour régulier de 19 villes de l’Est de la Montérégie. Si l’on tient seulement compte des activités de camp de jour, le prix d’une semaine varie de 20 à 110$ par enfant. À cela s’ajoutent des extras tels que l’utilisation du service de garde, les sorties hebdomadaires où même l’achat d’un chandail obligatoire pour les excursions.
Pour un été complet, incluant le service de garde et le chandail, les résidents de Saint-Lambert sont ceux qui doivent payer le plus pour inscrire leur enfant, puisque les camps sont offerts à la semaine seulement. La municipalité offre une programmation plus que complète de semaines thématiques telles que petits samouraïs, peinture sur bois, confiserie ou golf, variant entre 40 et 390$ par semaine.
À l’inverse, les résidents de Longueuil peuvent profiter de camps de jours pour un prix moyen de seulement 25$ par semaine, ainsi que du service de grade qui s’y rattache, pour 25$ de plus. Les enfants y profitent d’activités sportives, socioculturelles, thématiques et de plein air.
Pas de normes
Selon la porte-parole de l’Association québécoise du loisir municipal, Geneviève Barrière, une partie de ces disparités s’explique par le manque de normes entourant les camps de jour. «Nous avons fait un cadre de référence qui permet de donner des balises quand une municipalité organise un camp, sauf que ce n’est pas sous une loi.»
La taille de la population a également un impact sur la capacité d’une municipalité à investir dans un programme de camp de jour. Le porte-parole de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), Patrick Lemieux, rappelle d’ailleurs que les élus municipaux décident des services qu’ils souhaitent prioriser.
«Il y a un avantage compétitif. Des familles qui viennent s’établir vont certainement regarder le panier de services offerts dans chacune des municipalités. Si les camps de jours sont attrayants, ça pourrait être un petit plus.»
Demeurer compétitifs
Pour accommoder les familles, plusieurs villes comme Carignan, Otterburn Park, Varennes ou Longueuil offrent un rabais à l’inscription de plusieurs enfants. Mont-Saint-Hilaire et Sorel-Tracy offrent même l’inscription gratuite au troisième enfant.
«Pour une famille de plusieurs enfants, la facture peut monter assez rapidement. Ça doit être pris en compte dans le calcul, mais on ne veut pas non plus taxer davantage les citoyens pour financer les camps de jour; un équilibre doit être fait», explique Patrick Lemieux.
L’offre de service des entreprises et des organismes à but non lucratif pousse également les municipalités à se démarquer. Selon M. Lemieux, les Villes sont de plus en plus poussées à offrir des camps de jours diversifiés, orientés autour de toutes sortes de thématiques comme le sport, les arts ou les sciences.
«Les camps de jour sont payés en partie par les taxes des citoyens, alors il y a une pression pour offrir un service de qualité, adapté aux besoins des familles. Les municipalités sont tout à fait conscientisées à ça.»
Avec la collaboration d’Annick Oligny.
