ARTS VISUELS. L’Université de Sherbrooke et la Ville de Longueuil ont pigé dans leurs collections respectives – un total de plus de 2000 œuvres d’art – pour présenter à la Maison de la culture une exposition qui propose un parcours de l’histoire de l’art au Québec. Jean-Paul Riopelle, Jordi Bonet, Guido Molinari et autres; les grands s’y côtoient.
Jusqu’au 20 décembre, Longueuil et Université de Sherbrooke, deux collections: une exposition dévoile des trésors cachés, d’ordinaire inaccessibles au grand public. Longueuil affiche bien plusieurs de ses œuvres dans les bâtiments municipaux, mais plusieurs toiles et sculptures se trouvent dans des bureaux fermés au public.
La conseillère en développement culturel à la Ville de Longueuil, Dominique Malenfant-Gamache, explique que «les deux collections ont des éléments communs, mais aussi certaines particularités. Celle de l’Université de Sherbrooke est particulièrement forte en art inuit et pour les œuvres des années 60 et 70. Bien que l’on couvre aussi ces périodes, notre force est davantage la période contemporaine. Mais les thèmes se rejoignent.»
Les visiteurs suivent donc un fil chronologique, mais aussi thématique. Par exemple, une toile de Jean-Paul Riopelle a été jointe à la section de l’art inuit, puisque le thème s’y prêtait bien.
Révolte et retour
Une partie de l’exposition se consacre à l’art des années 50 à 70, une période très effervescente, sous le thème de la révolte – avec le Refus global de Paul-Émile Borduas – et qui plonge dans l’art abstrait. «Ç’a jeté les bases de ce qui se fait aujourd’hui», résume Dominique Gamache-Malenfant.
L’exposition reflète bien cette grande créativité de l’époque, puisqu’elle réunit 13 artistes ayant déjà remporté le prix Paul-Émile Borduas, la plus haute distinction accordée à un artiste pour l’ensemble de son œuvre.
Une sculpture d’Armand Vaillancourt datant de 1988, La force du peuple, témoigne d’ailleurs d’une invention de l’artiste. À première vue, difficile de déterminer s’il s’agit d’une pièce de styromousse ou de béton. «Il a inventé une technique de coulage avec une moule en styromousse dans lequel il coulait le métal», détaille celle qui agit comme directrice artistique de l’exposition.
Quant aux œuvres de l’époque contemporaine, elles illustrent un certain retour à l’art figuratif. «C’est un art qui s’inspire aussi des autres arts, comme le cinéma, la photographie, la littérature ou la musique.»
L’œuvre photographique de Bill Vazan détonne dans cette dernière pièce de l’exposition: 52 photographies formant une espèce de grande bulle où s’entrecroisent des piliers métalliques et des voitures.
«C’est le pont Jacques-Cartier, révèle Dominique Gamache-Malenfant. On est très content de la présenter, puisque c’est la première fois qu’elle est exposée depuis que l’Université de Sherbrooke l’a acquise.»
Longueuil et Université de Sherbrooke, deux collections: une exposition est présentée jusqu’au 20 décembre, à la Maison de la Culture (300 rue Saint-Charles Ouest).

