Le Comité anti-pollution des avions de Longueuil (CAPA-L) dénonce que des résidents d’ailleurs viennent «fausser les résultats» de l’exercice de consultation mené par l’Office de participation publique de Longueuil au sujet de l’Aéroport de Saint-Hubert auprès des résidents de Longueuil.
Le CAPA-L cible les groupes Facebook Les Ailes québécoises et Les Amis de l’Aéroport de Saint-Hubert.
«Les membres de ces deux groupes ont été incités à contourner les règles de votre sondage pour y inscrire en masse des réponses non-pertinentes (celles de non-résidents)», reproche le CAPA-L dans un courriel adressé à l’Office et transmis à des médias.
En fait, ce sont particulièrement dans les commentaires sous les publications invitant à participer au sondage que des membres de ces deux groupes ont dit avoir répondu qu’ils habitaient Longueuil, bien que ça ne semble pas toujours le cas.
«Il serait sincèrement désolant que les efforts de consultation publique entrepris par la Ville de Longueuil, en complément de l’exercice de consultation publique réalisé par le député Denis Trudel, soient invalidés par des groupes mal intentionnés, non directement concernés», estime le CAPA-L.
Par ailleurs, le comité citoyen déplore que le sondage ne s’adresse qu’aux résidents de Longueuil et qu’il n’inclut pas ceux d’autres villes avoisinantes touchées par les activités de l’aéroport.
Vaste démarche
Dans une réponse au CAPA-L transmise au Courrier du Sud, la présidente de l’OPPL Julie Caron-Malenfant indique que ce sondage en ligne est géré par la firme Léger360.
«Ce type de sondage ouvert n’est malheureusement pas à l’abri de tentatives d’influencer les résultats, et ce, malgré toutes les précautions qu’on puisse prendre, admet-elle. Nous croyons cependant que le fait d’offrir une occasion de s’exprimer sur le sujet à quiconque souhaite le faire répond à un besoin, dans la mesure où nous exposons dans le rapport les limites associées à ce type d’opération.»
L’OPPL a par ailleurs demandé à Léger360 de réaliser un autre sondage auprès d’un échantillon représentatif de la population de Longueuil, soit 1000 répondants, basé sur le même questionnaire que celui en ligne.
Mme Caron-Malenfant rappelle également que ces deux versions du sondage font suite à la consultation menée en mai, incluant le dépôt de mémoires et un atelier citoyen, qui s’adressait à «toutes les personnes intéressées à s’exprimer sur l’aéroport Montréal Saint-Hubert».
«Des personnes de plusieurs villes ont profité de ces activités pour exprimer leur point de vue sur le sujet. Plus de 120 personnes se sont présentées à l’atelier citoyen», relève la présidente.
En septembre, un groupe de 15 à 20 citoyens de Longueuil participeront à un panel.
Le CAPA-L «confiant»
À la lumière de ces explications, le CAPA-L affirme comprendre la limitation de ces outils de consultation.
«Nous sommes confiants que les données seront analysées de façon neutre afin d’assurer que les opinions des citoyens directement impactés soient pris en compte», avance le comité.
Il se dit également impatient de connaître les recommandations qui seront émises à l’automne.
«Les recommandations émises dans le rapport Flanagan ont été en majorité ignorées par DASH-L et la ville depuis 2015, rappelle le CAPA-L. Nous espérons que la nouvelle administration de DASH-L et les nouveaux élus seront plus conséquents et mettront rapidement en vigueur des mesures qui permettront d’améliorer la qualité de vie des citoyens impactés par les activités de l’aéroport.»
Le CAPA-L espère par ailleurs que le comité consultatif sur le climat sonore reprenne ses activités.
«Également, nous considérons que la « victoire » annoncée par la mairesse Fournier contre les vols de nuit est loin d’être atteinte, renchérit-il aussi. Le contrat de Chronos arrivera à échéance en 2024, donc les interventions de la mairesse n’ont rien changé au fait que les vols de nuit continueront à la guise de Chronos jusqu’à cette date.»
En mai dernier, Développement Aéroport de Saint-Hubert Longueuil (DASH-L) a annoncé vouloir demander à Transport Canada l’autorisation d’interdire l’atterrissage ou le décollage, entre 23 heures et 7 heures, d’avions bruyants comme le Boeing 737-200.

