ORGANISME. Le TROC de Macadam Sud sillonnera pour la dernière fois les rues de Longueuil, le 28 juin. Il a atteint sa fin de vie utile et les réparations pour le restaurer seraient beaucoup trop coûteuses. Mais la fin de la roulotte ne signifie en aucun cas la fin du travail de terrain des intervenants de l’organisme.

La roulotte acquise en 2002 par Macadam Sud était le quatrième véhicule du service d’unité mobile qu’est le TROC, qui intervient auprès des jeunes depuis 20 ans. Le TROC était un lieu d’échanges, de discussions, d’intervention et de prévention.

«Le motorisé n’est plus sécuritaire à certains égards. Il aurait eu besoin d’une bonne job de moteur et les planchers sont rouillés. Le conseil d’administration s’est trouvé devant une situation irréversible et a décidé de retirer le véhicule», évoque le directeur général adjoint de Macadam Sud, Réginald Guay.

À la recherche d’un véhicule diésel

Le véhicule n’était pas bien adapté aux hivers québécois, et un moteur au gaz n’est pas l’idéal pour les besoins du TROC, alors que le moteur tournait souvent au ralenti. Voilà pourquoi l’organisme recherche un autre type de véhicule pour le TROC V, comme un ancien autobus avec moteur au diésel.

Cependant, remplacer un motorisé ne se fait pas en un claquement de doigts. En 2002, il en avait coûté 90 000$ pour acheter le véhicule, un modèle de 1999. Aujourd’hui, Réginald Guay estime qu’avec tous les aménagements nécessaires, il en coûterait un minimum de 150 000$. «C’est un montant énorme, mais il n’y a pas de bailleurs de fonds qui se bousculent aux portes!»

D’autant plus que pour une telle somme, plusieurs investisseurs seraient sans doute nécessaires. «Ce n’est pas une situation évidente pour une fondation de nous soutenir en avançant par exemple 40 000$ et là, d’attendre un an avant qu’un autre bailleur puisse s’ajouter», relève le directeur général adjoint.

Depuis les modifications au programme de lutte à l’itinérance du gouvernement fédéral, l’achat d’une telle unité mobile n’est plus éligible aux subventions. «Le programme est axé uniquement sur l’accès aux logis. Il n’y a plus de place pour la prévention.»

La mission demeure

Si les équipes d’intervenants du TROC ont beaucoup changé au fil des ans, la philosophie et l’approche demeurent les mêmes: le TROC s’arrête aux mêmes «endroits chauds, dans les mêmes quartiers défavorisés qui ont besoin de notre présence».

«On continuera d’aller voir les citoyens dans leur milieu; nous ne les laisserons pas tomber. Nous resterons sur le terrain, avec peut-être la convivialité du véhicule en moins», soutient Réginald Guay.

Bien que Macadam Sud intervienne normalement auprès des personnes de 12 à 35 ans, tout le monde était accepté dans le TROC, ce qui fait la beauté de cette unité mobile, selon M. Guay. Il s’étonne de voir à quel point l’organisme parvient à rejoindre des personnes de tous les horizons.

«Des enfants de moins de 12 ans montent à bord. Ils dessinent et discutent avec les intervenants. Il se fait alors beaucoup d’éducation, de prévention, donne-t-il en exemple. Puis, dans un autre coin de la ville, il y a ceux qui s’injectent, ceux de la prostitution, les personnes désemparées. Les portes ont toujours été ouvertes à tout le monde.»