En entrevue avec Le Courrier du Sud, la nouvelle mairesse de Longueuil Catherine Fournier a abordé les différents enjeux qui touchent la ville et a ciblé ses priorités. Voici ses réponses.
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Mixité, même au centre-ville
Améliorer les enjeux liés à l’habitation est l’une des priorités de l’équipe de Catherine Fournier. La mairesse a déjà mandaté l’administration afin que soit dressé un inventaire des terrains disponibles.
Si les terrains à valeur écologique élevée sont à préserver, ceux à valeur écologique faible devront être utilisés à bon escient, explique la mairesse.
«Car, on ne se le cachera pas, il n’y a pas beaucoup de terrains à Longueuil», dit Mme Fournier.
Elle souhaite discuter avec les partenaires communautaires pour voir comment répondre à la demande grandissante de logements sociaux et contribuer à apaiser la hausse des loyers.
La mixité sociale est aussi au cœur de ses préoccupations. Selon Mme Fournier, il faut «penser en dehors du modèle du condo luxueux comme il s’est développé au cours des dernières années».
Une mixité qui devrait aussi paraître dans le secteur du centre-ville.
«S’il y a un endroit qu’on peut densifier à Longueuil c’est bien le secteur du centre-ville, poursuit-elle. Ç’a moins de conséquences, comparativement à détruire des maisons patrimoniales pour construire des triplex et quadruplex qui n’ont pas rapport d’un point de vue architectural.»
La circulation routière dans ce secteur est toutefois un autre problème qui la préoccupe.
«Ce que je déplore, c’est que ç’a été conçu avant même de s’assurer d’avoir les investissements nécessaires pour changer les infrastructures de circulation routière. Il y a tellement de trafic dans le secteur et on va amener des milliers de personnes!»
À ses yeux, il est essentiel qu’une école y soit construite, alors que celles du Vieux-Longueuil débordent déjà.
Complexe culturel sur la glace
Il y a 15 ans, lorsque Québec s’était engagé à la hauteur de 20 M$ pour la construction d’un complexe culturel à Longueuil, le projet était estimé à 50 M$.
Depuis, sont arrivées entre autres les études pour le projet de centre-ville et aucune annonce concrète n’est venue. Selon «les dernières informations», dit Catherine Fournier, le coût d’un complexe culturel dans le centre-ville serait de 150 M$.
«Il a été mis sur la glace, et avec raison. On ne fera pas un centre culturel à 150 M$», tranche-t-elle, reconnaissant le besoin criant d’une telle infrastructure, mais à moindre coût.
Boul. Béliveau
L’environnement est l’un des enjeux prioritaires, selon Mme Fournier.
Alors qu’elle avait fait connaître son intention de protéger le milieu naturel du secteur où s’immisce le prolongement du boul. Béliveau, Catherine Fournier reconnait que le décret d’urgence déployé par le fédéral pour protéger la rainette faux-grillon n’était «peut-être pas nécessaire».
À très court terme, le chantier doit être sécurisé pour la saison hivernale. Ultimement, Mme Fournier imagine possiblement l’aménagement de sentiers, soit des interventions que le décret ne permet pas.
«Le décret d’urgence pourrait être levé assez facilement, dit-elle. Le décret touche un très petit terrain et notre intention est de protéger un territoire pas mal plus large, soit tout le secteur Roberval-Fonrouge.»
Une rencontre avec les deux paliers de gouvernement est en vue afin de déterminer «la manière la plus efficace de protéger milieu naturel à long terme».
Elle estime que de terminer le prolongement du boulevard, réalisé à 70%, et ce, sans permettre de développement immobilier, serait la «meilleure solution mitoyenne», à condition que les travaux respectent les recommandations du ministère de la Faune, de la Forêt et des Parcs.
«Ça permettrait de prioriser l’environnement et de régler l’enjeu de circulation», selon elle.
En vrac
«Plus de transparence»
Alors que plusieurs de ses engagements visaient les «façons de faire» à la Ville, Catherine Fournier promet plus de transparence. Habituellement, les citoyens qui ne peuvent avoir réponses à leurs questions à la séance du conseil sont contactés ultérieurement en privé. Ces réponses, ainsi que l’ensemble des questions de citoyens et des réponses qui leur auront été fournies, seront retranscrites sur le site web de la Ville.
Elle identifie la création d’un office de participation publique comme «un premier geste fort» exprimant sa volonté de rebâtir le lien de confiance.
L’aéroport
À sa première séance du conseil, Catherine Fournier a réitéré sa volonté d’aborder en priorité, dans ses discussions avec Développement Aéroport de Saint-Hubert (DASH-L), la possibilité de faire cesser les vols de nuit. Si l’aéroport demeure de compétence fédérale, l’influence de la Ville n’est pas à négliger, croit la mairesse.
«Pour avoir un appui politique, ils ont besoin du soutien de la Ville de Longueuil. On n’a pas de levier juridique, mais on n’a certainement un très grand rapport de force politique.»
Élection partielle dans Marie-Victorin
Bien sûr que Catherine Fournier suivra d’un œil intéressé l’élection partielle dans Marie-Victorin.
Elle décrit Pierre Nantel, candidat pour le Parti québécois, comme un homme engagé qui a fait sa marque et avec qui elle a beaucoup aimé travailler. «Une excellente candidature», dit-elle.
Elle a aussi eu de très bons mots pour Martine Ouellet, «une fille de la place, qui connait certainement très bien les enjeux».
Quant à savoir à qui elle donnera son appui… «Le vote, c’est secret, et on n’a pas toutes les candidatures!»
Le bureau de circonscription est d’ailleurs toujours ouvert aux citoyens. Puisque Mme Fournier était députée indépendante, son ancienne équipe relève de la présidence de l’Assemblée nationale. «François Paradis est député par intérim, si on peut dire!»

