Texte du Brossard Éclair

DÉBATS. Seulement trois partis ont officialisé le candidat qui les représentera dans la circonscription de Brossard—Saint-Lambert lors du scrutin du 19 octobre. Et à en croire ces derniers, seuls les Conservateurs sont prêts à imposer une charge supplémentaire aux automobilistes qui désireront traverser le fleuve en empruntant le nouveau pont Champlain.

Le député sortant de la circonscription, le néo-démocrate Hoang Mai, persiste et signe: si le NPD est porté au pouvoir cet automne, aucun péage ne sera implanté sur le nouveau pont.

La candidate libérale et ancienne députée Alexandra Mendès partage le même avis. «La position du Parti libéral est très claire: pas de péage sur ce pont, qui est d’une importance capitale pour le commerce au Canada.»

Mme Mendès déplore que le gouvernement de Stephen Harper évite d’avoir de véritables conversations sur le sujet et indique que son parti dénonce vigoureusement le manque de transparence, de consultation et de prise en compte de toutes les études qui ont été faites sur la construction du nouveau pont Champlain.

Du côté du Bloc québécois, même si aucun candidat n’a encore été annoncé pour la circonscription, son ancien chef Mario Beaulieu avait été clair sur le sujet lors de son passage à Brossard, en mai. «Avec le projet de loi C-31, le gouvernement fédéral s’est arrogé le droit d’imposer un péage sur le pont. C’est totalement inacceptable; ça crée un nouveau champ de taxation», avait-il alors déclaré.

Un manque d’entretien à l’origine

Mario Beaulieu affirmait également, lors de la même visite, que la «saga du pont Champlain» est attribuable au fédéral, par sa négligence et son manque de planification. «C’est sa faute si le pont Champlain se détériore et doit être reconstruit.»

Un argument que partage le candidat conservateur de la circonscription, Qais Hamidi. «Les Conservateurs ont pris la décision de remplacer un pont qui avait été négligé par le Parti libéral. Un ancien ministre libéral avait même dit que ça ne valait pas la peine d’entretenir le pont Champlain, car ça ne rapportait pas de votes», affirme le candidat conservateur.

«La plupart des nouvelles infrastructures sont construites en partenariat public-privé (PPP), assurant ainsi que leur entretien soit fait de façon régulière et adéquate, et ce, de façon dépolitisée», ajoute-t-il.

Les conséquences du péage

Qais Hamidi préfère voir les bons côtés du péage. Selon lui, le nouveau pont permettra la venue du système léger sur rails (SLR) et limitera les impacts environnementaux liés à l’utilisation de la voiture. «Une fois élu député, je m’engage à faciliter l’installation des futurs rails du SLR», promet-il aux citoyens de la circonscription.

Les autres candidats sont plus critiques et croient que la venue d’un péage provoquera un embouteillage monstre sur les trois autres ponts de la Rive-Sud, Mercier, Victoria et Jacques-Cartier.

Hoang Mai, qui est également porte-parole de l’opposition officielle en matière de transports, avait fait une demande au directeur parlementaire du budget pour qu’une étude soit réalisée à ce sujet. «L’étude mentionnait que le péage provoquerait un effet néfaste au plan du trafic sur les ponts voisins. On mentionnait aussi que ce serait principalement les familles à faibles revenus qui seraient touchées par cette mesure, parce qu’elles auraient moins d’argent dans leurs poches ou parce qu’elles perdraient énormément de temps pour faire un détour afin d’emprunter un autre pont. C’est totalement injuste, surtout pour un pont de remplacement.»

Alexandra Mendès considère pour sa part que cette décision des conservateurs est illogique parce qu’on n’ajoute pas une structure, mais on la remplace.

«Pour moi, c’est aussi une question de fair play. Lorsqu’il sera question de construire un lien supplémentaire entre la Rive-Sud et Montréal, là, je serai très ouverte à discuter d’une valeur ajoutée», conclut-elle.