Depuis l’instauration d’un système automatisé d’accès au stationnement du Centre sportif du Cégep Édouard-Montpetit, les membres du Club de judo de Longueuil qui utilisent le stationnement sont contraints de payer les 9$ lorsqu’ils se rendent à leur cours. Dans un souci de rendre le sport accessible, le club offre ses cours à peu de frais, de sorte qu’il est désormais plus dispendieux de se stationner que d’apprendre le judo.
Une session de 17 semaines de cours de judo, à raison de deux entraînements hebdomadaires, coûte 170$. À 9$ par entrée, le stationnement pour ces visites se chiffre à 306$.
«C’est beaucoup trop cher, et ça devient une grosse barrière», soutient David Lessard, directeur technique du Club de Judo. Il évoque de nombreuses plaintes de parents depuis le début de la saison.
«Nous sommes très inquiets. On arrive à la fin de la session et on ne sait pas si les gens vont revenir», ajoute-t-il, soulignant que des cours de judo dispensés dans des locaux commerciaux, par exemple, n’encourent pas de frais de stationnement.
Autre enjeu : une période gratuite de 30 minutes de stationnement est accordée pour permettre notamment aux parents de conduire un enfant à un cours, puis d’aller le chercher.
Selon M. Lessard, cette période est trop courte. «Le trois quart de nos membres ont 12 ans ou moins. Les parents de jeunes enfants veulent venir les conduire jusqu’au local du club. Ils sont stressés et n’ont pas toujours le temps d’entrer et sortir en 30 minutes.»
Avant que ne soit implanté le système automatisé au stationnement du Cégep Édouard-Montpetit, on y retrouvait une guérite. Or, il arrivait souvent qu’il n’y avait aucun employé à l’intérieur, les soirs et fins de semaine, soit les périodes où se déroulent les cours de judo.
«La plupart du temps, on pouvait entrer sans payer. Et il y avait une entente tacite, les gens pouvaient entrer, porter leur enfant, et sortir», souligne M. Lessard.
Le Club de judo de Longueuil est l’un des cinq organismes accrédités par la Ville de Longueuil qui emploient régulièrement des plateaux sportifs du Cégep Édouard-Montpetit.
David Lessard déplore qu’il n’y ait aucune forme d’entente ou d’accommodement pour les membres du club, alors que les usagers du Centre sportif inscrits à des cours de groupes ou au gym se voient remettre une vignette donnant un accès au stationnement.
«Pourquoi n’aurions-nous pas droit à ce genre de forfait, nous aussi? Ce devrait être le cas pour les organismes accrédités par la Ville, pour veiller à l’accessibilité des services», estime-t-il.
«On est en communication avec un régisseur de la Ville de Longueuil, on essaie d’avoir des informations, poursuit-il. Mais on n’arrive pas à avoir de réponse. On ne nous propose pas de solution.»
Une proposition ?
:Le Cégep a revu l’ensemble de son système d’accès et de tarification du stationnement dans un contexte où les coûts d’entretien, de main-d’œuvre et de gestion ont connu une hausse importante au cours des dernières années.
Les dépenses d’entretien, de réfection, de déneigement et de contrôle des accès sont assumées par le Cégep, qui ne reçoit aucun financement direct des instances gouvernementales à cet effet.
Le cégep «a choisi d’appliquer le principe d’utilisateur-payeur afin de répartir le plus équitablement possible les coûts réels d’opération du stationnement sur l’ensemble des utilisateurs qui profitent du stationnement», explique Hélène Bailleu, la directrice générale.
Si le stationnement est inclus dans les abonnements du Centre sportif, les activités du club de judo, notamment, fait partie de la programmation sportive des loisirs de la Ville de Longueuil.
Elle affirme néanmoins que le Cégep est en communication avec la Ville de Longueuil pour «évaluer les enjeux et proposer une tarification distincte pour les activités sous leur responsabilité. Cette proposition a été soumise aux organisations sportives.»
La Ville de Longueuil confirme simplement que des discussions sont en cours avec le Cégep à ce sujet, «afin d’examiner diverses pistes de solution visant à répondre à la situation et à soutenir la pratique sportive au sein de la communauté».
«Nous comprenons que cette modification a eu des répercussions pour les membres de ces organismes, qui pouvaient auparavant s’y stationner sans frais», ajoute-t-elle. La Ville n’a jamais versé de somme pour que les organismes puissent se stationner gratuitement.
Pour sa part, le directeur technique du Club de judo de Longueuil affirme n’avoir reçu aucune proposition. En octobre, des vignettes ont été remises aux bénévoles, mais rien n’a été suggéré pour les membres.
Autres modalités
La directrice générale du Cégep rappelle par ailleurs le tarif progressif appliqué de 8h à 18h, correspondant à la durée réelle d’utilisation. Le stationnement a toujours été contrôlé les soirs et fins de semaine, même avec l’ancien système.
Mme Bailleu souligne également le premier 30 minutes gratuit, le stationnement gratuit pour les patients des cliniques et la possibilité de se garer dans les rues avoisinantes.

