ENVIRONNEMENT. Le projet d’usine de compostage et de biométhanisation pour l’ensemble de l’agglomération de Longueuil a été annoncé depuis longtemps, et l’objectif d’ouvrir les portes de l’usine en mai 2019 n’a pas changé. L’équipe responsable du projet est ainsi en mode préparatoire afin d’affronter les différents défis que représente ce dossier complexe.
Des études préliminaires et la préparation du dossier d’affaires sont actuellement en cours. «Les partenaires gouvernementaux exigent beaucoup de robustesse d’un point de vue financier», expose le directeur adjoint au développement durable de Longueuil, Michel Veilleux.
Le projet implique un investissement de 85 M$, dont 44 M$ devraient être assurés par le Programme de traitement des matières organiques par biométhanisation et compostage du Québec.
Les défis entourant l’implantation de l’usine dans la zone aéroportuaire de Saint-Hubert sont nombreux, dont de s’assurer que l’usine ait suffisamment de matières organiques pour être opérationnelle dès son ouverture.
Ainsi, intégrer le recyclage de matières résiduelles dans les habitudes des citoyens se fera graduellement, estime M. Veilleux. «Il y a un gros défi en terme d’acceptabilité sociale. Certains citoyens ont très hâte d’avoir cette 3<+>e<+> collecte, alors que d’autres ne s’en préoccupent pas. L’agglomération, c’est 400 000 habitants, et il faut que tout le monde embarque.»
La vague d’indignation qu’a suscité l’intention de la Ville de Montréal de déverser ses eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent fait cependant dire à M. Veilleux que l’acceptabilité sociale a évolué.
De plus, la vente de 400 composteurs lors de la Journée verte à Longueuil donne un indice de l’engouement des citoyens pour les avenues plus vertes.
Réfléchir à la collecte
Les meilleures pistes à adopter en ce qui a trait à la collecte de ces matières organiques font aussi l’objet d’études.
«Nous souhaitons développer la meilleure stratégie possible, expose le directeur adjoint. Les projets-pilotes, les approches par secteurs ou par groupes [par exemple des approches différentes pour les immeubles à logements et pour les résidences unifamiliales], c’est ce qu’on teste.»
La collecte étant la responsabilité des Villes et non de l’agglomération, Michel Veilleux rappelle l’importance du travail de collaboration avec les villes liées, qui agissent comme partenaires.
Compostage et biométhanisation
L’Agglomération de Longueuil devra se conformer à l’objectif gouvernemental de recycler 100% des matières organiques en 2022. «Un objectif de 100%, c’est toujours à risque, mais c’est notre cible», assure Michel Veilleux.
Combiner le compostage à la biométhanisation — le choix de l’Agglomération — semble «la stratégie la plus robuste» dans toutes les analyses et études.
«En matière de rendement énergétique et de récupération, c’est la technologie la plus optimale, relate M. Veilleux. Notre approche est aussi de s’inspirer des meilleurs exemples au Québec, comme Saint-Hyacinthe et Varennes et de songer à ce qui peut être appliqué à l’agglomération.»

