La Ville de Longueuil donne 50 000$ au Centre d’expertise et de formation sur les intégrismes religieux, les idéologies politiques et la radicalisation (CEFIR) du cégep Édouard-Montpetit afin de lui permettre de mettre en place des outils pour contrer la radicalisation et sensibiliser la communauté à cette réalité.
L’objectif est de prévenir la radicalisation et la polarisation sociale, de même que d’assurer un meilleur rapport à la démocratie et à ses institutions.
«L’état du climat social me préoccupe énormément», indique la mairesse de Longueuil Catherine Fournier qui rappelle avoir fait plusieurs interventions en ce sens durant la pandémie en tant que députée de Marie-Victorin à l’Assemblée nationale du Québec.
«Avec la montée en flèche de la désinformation et des discours haineux, je continue de penser qu’il est primordial d’agir en prévention, en se basant sur la science et la recherche, afin de limiter les conséquences liées à ces phénomènes», ajoute celle qui est aussi responsable des institutions démocratiques au sein du comité exécutif de la Ville.
Exploiter le sentiment de victimisation
Chercheur au CEFIR, Frédérick Nadeau se réjouit de l’ouverture de la Ville dans ce dossier.
Selon lui, les discours radicaux et les mouvement d’extrême droite ont vu leur popularité s’accroître au cours des dernières années. «Les mesures sanitaires imposées durant la pandémie de COVID-19 ont marqué les esprits.
Plusieurs personnes se sont senties victimes et ont perdu confiance envers les institutions, envers les médias et envers la science. Et c’est justement sur ce sentiment de victimisation que misent les groupes radicaux», explique M. Nadeau.
Le chercheur ajoute que l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis a provoqué une augmentation des activités des groupes d’extrême droite partout dans le monde. «L’arrivée de Trump a normalisé les discours radicaux et décomplexé les extrémistes qui ne se cachent plus», estime-t-il.
Partenariat aux multiples facettes
La première phase du projet entre la Ville de Longueuil et le CEFIR comporte deux volets qui seront réalisés au cours de la prochaine année.
Dans le cadre du premier volet, le CEFIR offrira des séances de formation aux élus et aux fonctionnaires afin de les informer et de les sensibiliser en matière de prévention des polarisations sociales et de la radicalisation pouvant mener à la violence.
M. Nadeau indique qu’un comité de pilotage sera prochainement mis sur pied avec, notamment, des représentants du CEFIR, du Cégep, du Bureau de développement social de la Ville de Longueuil, du Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) et de certains organismes du territoire.
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Pour Frédérick Nadeau, chercheur au CEFIR, les sévères mesures sanitaires imposées par l’État en raison de la pandémie de COVID-19 ont causé une perte de confiance envers les institutions. (Photo gracieuseté)
«Ces consultations auprès d’un échantillon d’organisations nous permettrons de tenir compte des situations particulières vécues par diverses communautés culturelles, sexuelles et linguistiques, notamment», précise le chercheur du CEFIR.
Dans un deuxième volet, un rapport sera produit à la suite de l’analyse qualitative des données. À la lumière des résultats, le CEFIR pourra proposer des formations et de l’accompagnement ciblant les besoins réels des divers acteurs de la communauté.
«Les algorithmes des réseaux sociaux enferment les gens dans leurs croyances. Si tu ne regardes que des trucs sur les complots, Facebook va te proposer des liens en ce sens.»
– Frédérick Nadeau, chercheur au Centre d’expertise et de formation sur les intégrismes religieux, les idéologies politiques et la radicalisation

