C’est ma dernière chronique. Au lieu de l’annoncer à la fin, j’aime mieux vous le dire au départ.
Je vous l’annonce avec une certaine tristesse car ce fût un réel plaisir de vous avoir rejoints lors des quatre dernières années via le journal. Parfois pour vous faire réfléchir ou rager – ou les deux en même temps! – en vous donnant mon opinion – qui était, je l’avoue, assez tranchante quand il s’agissait de politique et d’injustices sociales.
J’ose penser vous avoir fait rire – jaune parfois!
(Oups! En disant «rire jaune», j’espère ne pas dépasser les limites de l’appropriation culturelle d’une race. Non, c’est vrai, ce nouveau concept d’appropriation culturelle est tellement rigide que juste se faire un méchoui avec l’épagneul du voisin qui jappe tout le temps pourrait choquer des gens d’un endroit dans le monde qui diront se faire voler une composante culturelle qui leur est propre… Alors, pour faire politiquement correct, disons qu’en écrivant «rire jaune», je pensais aux dents.)
Plus sérieusement, pour moi, l’humour politique et social a toujours été une excellente façon de dire et de dénoncer. Parfois, mes chroniques manquaient d’humour mais il y a des choses qui ne se disent pas avec humour, même en essayant très fort. Je finissais alors certaines chroniques avec au moins une blague politique qui, souvent, n’avait aucun rapport avec le sujet traité (comme cette fois-ci!).
Un jour, j’ai lu dans le journal de l’écrivain français Jules Renard (1864-1910) une phrase qui m’a marqué à jamais, une phrase qui me définissait tellement bien: «L’humoriste, c’est un homme de bonne mauvaise humeur.»
Dans ma chronique précédente, j’écrivais que les journaux régionaux avaient besoin d’aide et qu’il y avait urgence que la ministre Mélanie Joly vienne en aide aux quotidiens et hebdomadaires francophones et anglophones du pays.
Comment une démocratie peut-elle laisser mourir des journaux des régions qui rejoignent 6,5 millions de lecteurs chaque semaine? Tout le monde a le droit d’avoir des nouvelles et opinions touchants directement les enjeux de leur coin de pays.
Avec les nombreuses coupures effectuées dans plusieurs médias, de moins en moins de points de vue différents seront exprimés; c’est malsain, en démocratie.
Un grand merci à la direction du Courrier de Sud, et spécialement à Geneviève Michaud, chef de nouvelles, pour sa confiance et l’ouverture d’esprit qu’elle a eus à mon endroit.
En terminant
Ça va de mal en pis pour Martine Ouellet; il ne lui reste que deux appuis… les appui-bras de sa chaise de travail!
