Dix à quinze voitures à toutes les deux minutes. C’est ce qu’endurent Michel Masson et ses voisins de la rue Ovila-Hamel, dans l’arr. de Saint-Hubert, depuis plusieurs années. Pour mettre fin au tintamarre, ils réclament que soit enfin prolongé le boul. Moïse-Vincent, dans les cartons de la Ville de Longueuil depuis belle lurette.

«Ça commence vers 5h le matin et ça continue jusqu’à 22h et même minuit la fin de semaine», décrit Michel Masson au Courrier du Sud.

«On compte entre 10 et 15 voitures à toutes les 2 minutes à l’heure de pointe, chaque fois que le feu de circulation change à l’intersection du boul. Cousineau.»

Le problème serait encore plus important depuis les récents travaux sur le boul. Gaétan-Boucher – au cours desquels le trafic était redirigé dans le secteur –, l’ouverture de l’écocentre sur la rue Ramsay et le déménagement du Costco sur le boul. des Promenades.

«Notre rue est utilisée comme voie de contournement pour plusieurs chemins – ceux qui se rendent à l’écocentre, ceux qui se rendent au Terminus Chevrier, ceux qui se rendent aux Promenades ou simplement ceux qui veulent éviter une partie du trafic sur les boul. Cousineau et Gaétan-Boucher. Et la circulation va augmenter encore avec la nouvelle école qui sera construite sur la rue des Jonquilles.»

«La Ville prend de l’expansion, mais ne développe pas son réseau routier», ajoute celui qui habite dans le secteur depuis plus de 30 ans.

 

«On est dans un beau quartier, mais ce n’est plus agréable, habiter ici.»

– Michel Masson

 

«Si j’avais voulu habiter sur un boulevard, j’aurais acheté sur Cousineau ou Gaétan-Boucher», lance le citoyen, qui ajoute que selon lui, environ 70% du trafic sur Ovila-Hamel n’est pas local.

Question de sécurité

M. Masson explique que sa rue est très étroite et ne compte pas de trottoir.

«Les gens roulent très vite et font des stops américains. J’ai de la misère à sortir de mon entrée! Et l’hiver, quand j’essaie de pelleter, je me fais frôler par des voitures qui passent à toute vitesse…»

La limite de vitesse ainsi que l’interdiction pour les camions de circuler sur la petite rue, sauf pour des livraisons locales, seraient en effet la plupart du temps ignorées par les conducteurs.

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(Photo : Gracieuseté)

«Même si la rue est interdite aux camions, plusieurs l’empruntent à tout moment de la journée, incluant les camions de pompiers et les camions de la Ville. Et les indicateurs de vitesse sont toujours rouges au passage d’un véhicule…»

Le citoyen déplore par ailleurs que la surveillance policière soit inexistante sur sa rue.

Moïse-Vincent, et ça presse

Pour Michel Masson, la solution pour régler le problème de circulation sur la rue Ovila-Hamel est simple.

«Il faut compléter le boul. Moïse-Vincent. Quand on en parle, on se fait toujours répondre que c’est bloqué pour des raisons écologiques, mais le même boisé se trouve de l’autre côté de l’autoroute 30 et bizarrement, là, on a construit…»

Une solution qui pourrait se faire attendre encore un bout de temps, selon les informations fournies par la Ville de Longueuil.

«La Ville doit préparer et déposer en 2022 un Plan régional des milieux humides et hydriques, dans le cadre d’une obligation règlementaire du ministère de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques, explique-t-on au journal. Cette démarche vise notamment à identifier les milieux d’intérêt dans le secteur cité et proposer, le cas échéant, les mesures appropriées pour en assurer la pérennité.»

En attendant le prolongement de Moïse-Vincent, M. Masson suggère d’autres solutions qui pourraient être mises en place à court terme.

«Il faudrait mettre Ovila-Hamel à sens unique vers Cousineau, entre Cousineau et Pierre-Thomas-Hurteau, et vers le parc entre Pierre-Thomas-Hurteau et Julien-Bouthillier.»

Une solution qui n’est pas envisageable, selon la Ville.

«La rue Ovila-Hamel est identifiée comme une rue collectrice, explique Longueuil. En ce sens, son rôle est de permettre l’accessibilité aux résidences le long de cet axe ainsi que de permettre le transit entre le réseau artériel et les rues locales résidentielles du secteur. Il n’est donc pas envisageable de la convertir en sens unique.»

M. Masson suggère par ailleurs l’installation de dos d’âne à l’intersection de Pierre-Thomas-Hurteau et Ovila-Hamel.

«L’aménagement d’une intersection surélevée doit être intégré dans le cadre d’un projet de réfection de la chaussée, répond la Ville. Autrement, elle générera des désagréments pour les citoyens résidant à proximité, notamment en raison des vibrations et du bruit des véhicules traversant l’intersection. Dans le cadre d’un projet de réfection, ce type d’aménagement pourrait être considéré.»

Peu de collaboration

Au fil des ans, Michel Masson et ses voisins ont multiplié les plaintes et requêtes à leur conseiller municipal Jacques E. Poitras ainsi qu’à diverses autres instances, sans succès.

«Deux enquêtes de circulation ont été réalisées par la Ville. L’an dernier, elle a installé un couloir piétonnier sans consulter les citoyens, après une de ces études. Un couloir qui n’aide en rien au débit de circulation, qui a rendu la rue encore plus étroite, qui est souvent utilisé comme une piste cyclable et qui a réduit grandement le stationnement disponible sur la rue. Depuis, plus rien…»

Selon la Ville, ce couloir piétonnier serait une mesure temporaire en attendant qu’un trottoir puisse être aménagé, tel que recommandé par la Commission du transport actif et de la circulation.

«J’ai eu le plaisir de discuter avec notre nouvelle conseillère Affine Lwalalika, pendant la campagne électorale, ajoute Michel Masson. Elle a reconnu que la situation était problématique et m’a mentionné qu’elle s’en occuperait si elle était élue. Reste à voir si elle tiendra parole…»