Écrasée par la roue d’un autobus du RTL
Fabiola Keeshia Hercule s’était levée du bon pied le 27 novembre. Il s’agissait de la journée qui concrétisait ses démarches pour son nouvel emploi de travailleuse autonome. Un malencontreux incident de trois secondes en début de soirée a cependant transformé sa journée en cauchemar.
La femme de 41 ans revenait d’un rendez-vous professionnel lorsque son amie l’a déposée derrière un autobus du Réseau de transport de Longueuil (RTL) qui s’apprêtait à faire monter deux passagers, immobilisé au feu rouge, à l’intersection du chemin de Chambly et du boul. Curé-Poirier.
Voyant les portes se refermer avant qu’elle ait pu les atteindre, Fabiola Keeshia Hercule a frappé à quelques reprises dans la fenêtre de l’imposant véhicule. Au même moment, le feu de signalisation tournait au vert.
En une fraction de seconde, et avant qu’elle n’ait le temps de réagir, elle a été projetée sur le sol glacé par l’arrière de l’autobus qui l’a cognée en reprenant sa route. La roue arrière droite du véhicule en mouvement lui a roulé sur le bas du corps.
«Je pensais qu’il était passé sur tout mon corps, se remémore-t-elle, toujours ébranlée. J’ai juste crié « Seigneur, aidez-moi! »»
Une douleur si intense l’a frappée qu’elle s’est évanouie. À partir de ce moment, ses souvenirs demeurent flous.
«Au départ, je pensais que c’était contre moi, avoue-t-elle, croyant presque au délit de fuite. Je me suis senti abandonnée. Je pensais que j’allais mourir seule! Mais ce que j’ai ressenti sur le coup de l’émotion, je ne peux pas dire que ce soit la vérité.»
«Je remercie Dieu d’être vivante, ajoute-t-elle en ravalant ses larmes, visiblement traumatisée par les événements. Je pleure beaucoup et je suis déprimée.»
Mme Hercule a subi une déchirure à l’intérieure de la jambe droite et à la hanche, l’empêchant de mouvoir son bassin convenablement. Elle a aussi dû endurer deux opérations au talon.
Elle se déplace présentement à l’aide d’une marchette. Son fils et son ex-conjoint lui viennent en aide pour accomplir les tâches du quotidien.
«Une fois dans mes affaires, ça va mieux, mais je ne suis pas à 100%. J’essaie de conserver le moral.»
Fabiola Keeshia Hercule n’entend pas faire davantage de démarches auprès du Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) ou du RTL, même si elle affirme ne pas ressentir de soutien.
«Je me sens bafouée, comme si j’avais couru pour que ce malheur m’arrive, mais je ne suis pas là pour blâmer la conductrice», ajoute-t-elle.
Un accident, tout simplement
Le SPAL a confirmé au Courrier du Sud qu’il s’agissait bel et bien d’un accident. L’enquête a été fermée dans les jours qui ont suivi l’incident et aucun dossier n’a été ouvert aux enquêtes criminelles.
La porte-parole Alicia Lymburner a quant à elle indiqué au journal que le RTL a collaboré à l’enquête dès qu’il a été informé de l’accident.
«Nous trouvons vraiment regrettable que cet accident se soit produit, souligne-t-elle. Il est important de rappeler à la clientèle qu’il est dangereux de courir après un autobus qui effectue sa manœuvre de départ, surtout lorsqu’il y a des conditions de neige, de pluie ou de faible luminosité.»
À la recherche de la femme qui l’a secourue
Malgré son malheur, Fabiola Keeshia Hercule tient à remercier la femme qui est venue à son secours à peine quelques secondes après l’accident.
«Elle a réussi à me calmer, admet-elle. Sa voix a été un bonheur, me prouvant que j’étais toujours en vie. Elle m’aidait à ne pas bouger en attendant les secours.»
Mme Hercule éprouverait un grand plaisir à pouvoir la remercier de vive voix, elle qui passe des journées solitaires pour se remettre de ses blessures.
