L’Ordre des pharmaciens du Québec (OPQ) estime qu’il y a «au moins» 175 postes d’assistants techniques en pharmacie (ATP) ou de techniciens en pharmacie (TP) à combler en Montérégie seulement. Il souhaite ainsi éveiller la population à cet important enjeu de main d’œuvre, alors que les tâches en pharmacie ont beaucoup augmenté avec le temps.
Sandrine Vinet est propriétaire-pharmacienne au Familiprix de Coteau-du-Lac depuis 7 ans, mais travaille dans le milieu depuis 26 ans. Elle a ainsi vu l’évolution du métier durant toutes ces années. Le manque de personnel est pour elle un enjeu récurrent dans les dernières années.
«C’est un phénomène qui a débuté avant la pandémie et qui s’est gravement accentué après. Tous les métiers de la santé ont des difficultés à recruter, mais pour nous, c’est surtout dû à l’augmentation des tâches du pharmacien», explique-t-elle.
Ainsi, s’il manque plus de personnel, c’est entre autres parce qu’il y a plus de personnel en pharmacie.
«On en fait plus pour les patients, mais on a besoin de plus de bras.»
– Sandrine Vinet, pharmacienne-propriétaire
«Nous, on est passé de trois ATP par quart de travail à sept en cinq ans. Ç’a plus que doublé. On leur délègue de plus en plus de tâches, les patients ont des dossiers plus complexes, les médicaments sont plus complexes, ça nécessite des analyses plus approfondies», remarque Mme Vinet.
L’OPQ note en outre que le chiffre de 175 postes vacants ne concerne que les besoins en pharmacie communautaire. À cela s’ajoutent les besoins non chiffrés d’ATP et de TP dans les départements de pharmacie des établissements de santé.
Ça s’accentue
Mme Vinet remarque par ailleurs l’importance de mettre en lumière le phénomène et l’importance de promouvoir le métier de pharmacien, alors que ces besoins en personnel ne feront que s’accentuer. Notamment avec le projet de loi 67, dont l’un des objectifs est d’élargir certaines pratiques en pharmacie.
«Ça va amener énormément d’achalandage en pharmacie. C’est pour le bien des patients, mais nous on a besoin de plus de personnel pour les servir», note-t-elle.
Dans ce contexte, l’OPQ a lancé la deuxième phase de la campagne Une bonne dose d’avenir, afin de valoriser la profession.
Mme Vinet assure néanmoins que la qualité du service n’est pas affectée par cette situation parce que les pharmacies se sont adaptées avec le temps. Par exemple, avec les demandes de renouvellement de médicaments par téléphone ou par une application.

