ÉDUCATION. Lorsqu’un conflit en milieu scolaire se retrouve dans une impasse et que tous les recours sont épuisés, la protectrice de l’élève Maude Rousseau prend le relai et mène sa petite enquête, dans le but de trouver des pistes de solution. Mis en place il y a six ans, le rôle du protecteur de l’élève a permis de résoudre de nombreux conflits qui auraient pu miner la réussite scolaire d’un élève.

Maude Rousseau a la particularité d’être la protectrice de l’élève de trois commissions scolaires de la Rive-Sud, soit Marie-Victorin (CSMV), des Patriotes (CSP) et des Grandes-Seigneuries (CSDGS).

Le rôle de cette travailleuse autonome spécialisée en médiation est de traiter les plaintes des parents et des élèves et de d’abord établir si elles sont fondées ou non.

«Je dois voir si les politiques internes des commissions scolaires ont été respectées selon les étapes. Je dois aussi considérer la nature du problème et voir si la plainte est fondée. Si tout est approprié, s’amorce une enquête et une analyse afin de recueillir le plus d’information possible pour éventuellement proposer des recommandations.»

Avec les propositions de cette experte externe, les commissaires scolaires auront la tâche d’accepter ou non les recommandations, qui majoritairement, permettent de dénouer le conflit.

Les plaintes sont généralement faites de bonne foi, croit Mme Rousseau, qui remarque que le conflit provient généralement d’un écart entre ce que les parents voudraient et ce que l’école peut offrir.

«Un bon exemple est celui d’un enfant qui a besoin du service en orthophonie selon une évaluation externe et dont l’école ne considère pas le service nécessaire pour l’élève», constate la protectrice qui rappelle être un tiers neutre.

Un dernier recourt évitable

Pour l’année scolaire 2013-2014, Maude Rousseau a dû traiter 30 plaintes et répondre à 93 consultations pour la CSMV.

«Mon objectif est que le conflit ne se termine pas en plainte. Il est possible pour les parents et les élèves de me contacter afin de poser des questions. Je suis en mesure de leur donner des conseils, qui souvent règlent le problème sans qu’une plainte soit formulée», affirme Maude Rousseau.

La nature des plaintes et des consultations varie, mais les mêmes thèmes reviennent généralement d’année en année. En 2014-2015, le transfert d’élèves  pour raison de surplus de clientèle a choqué 22 parents, provoquant du même coup le même nombre de plaintes.

Les autres plaintes visaient le transport scolaire, les services aux élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (HDAA), la scolarisation à la maison et le service de garde.

En ce qui a trait aux consultations, la relation avec les enseignants, l’inscription des élèves et l’intimidation sont quelques-uns des problèmes exposés au protecteur l’an dernier.

Au service de la CSMV encore quelques années

Naturellement attirée par le milieu scolaire, Maude Rousseau a trouvé sa vocation.

Le 1er décembre, les commissaires de la CSMV ont accepté le renouvellement du contrat de la protectrice pour une période de trois ans, au grand plaisir de cette dernière.