MUSIQUE. Le pianiste André Laplante se joindra à l’Orchestre symphonique de Longueuil (OSDL) pour le tout premier concert de la saison, durant lequel il interprétera le Concerto pour piano no 5 Empereur de Beethoven. Une pièce contrastée, grandiose, comme les aime le virtuose.
Discutant de ce concert avec le chef Marc David l’été dernier, André Laplante a suggéré ce concerto particulièrement connu de Ludwig van Beethoven.
«Il me semble que c’est parfait pour commencer une saison! C’est une pièce avec du caractère, qui est grandiose… c’est une fête du grandiose, on atteint la vraie noblesse!», s’exclame le musicien, qui en est à sa 3e collaboration avec l’OSDL.
Il considère que cette œuvre permet d’explorer l’échelle complète des émotions, passant de l’«extérieur» dans le premier mouvement à l’«intérieur» pour le deuxième. «Et à la finale, ça explose!»
Grand connaisseur de l’œuvre de Beethoven, M. Laplante admire le caractère universel que peut atteindre ce compositeur.
Toujours dans l’émotion
S’attaquer à une pièce de Beethoven, «ce n’est jamais facile», concède l’artiste.
«Il faut suivre la ligne musicale, l’idée musicale. Et il faut maîtriser la technique pour exprimer une émotion. La technique est indissociable de l’émotion, elle doit servir à exprimer quelque chose. Certains veulent jouer à la perfection. Mais si je ne sors pas touché d’un concert, je ne sais pas pourquoi j’y suis allé. Il faut que ça communique quelque chose de plus grand que nous», relate celui qui a remporté la médaille d’argent au Concours international Tchaïkovski.
Étudiant à vie
André Laplante identifie deux éléments essentiels pour faire carrière comme pianiste professionnel: une discipline de fer et un amour de la musique.
Le virtuose constate également que l’apprentissage s’échelonne tout au long de sa carrière. Malgré ses nombreuses années de métier, il affirme apprendre constamment. «Il faut savoir d’abord qu’on ne connaît pas grand-chose et qu’on va apprendre toute notre vie. Des compositeurs comme Beethoven ou Schubert, ils sont tombés dedans quand ils étaient petits, mais ils l’ont étudiée toute leur vie aussi.»
Celui qui a joué autant en Amérique du Nord, en Europe qu’en Chine s’intéresse aussi au répertoire contemporain, citant par exemple François Morel et Raymond Luedecke. Ce dernier lui a d’ailleurs composé des variations inspirées d’un poème de Pablo Neruda. «C’est extrêmement bien écrit, on sent le développement de son idée», remarque-t-il.
S’il admet que le langage totalement abstrait de plusieurs œuvres contemporaines l’attire moins, il demeure admiratif du travail des compositeurs. «Ce sont des partitions très intéressantes à analyser, peut-être plus qu’à écouter même. Quand je choisis une pièce, je cherche un certain caractère, quelque chose à exprimer.»

