MÉTÉO. Dès l’âge de 8 ans, Mathieu Lussier prenait son vélo pour se rendre au meilleur poste d’observation des orages près de chez lui. Une vingtaine d’années plus tard, c’est son VUS qu’il utilise pour chasser les tornades aux États-Unis. Cet adepte des phénomènes météorologiques rêve un jour de pouvoir un jour vivre de sa passion.
En juin, Mathieu Lussier est parti à la chasse aux tornades avec son ami et complice de voyage, Mathieu Bordage. Le périple ne lui aura peut-être pas permis de trouver une tornade, mais d’autres phénomènes météo étaient toutefois au rendez-vous.
«On a eu des vents de 150km/h, de la grêle grosse comme des balles de golf et des entonnoirs nuageux. Tout y était pour que nous puissions voir des tornades, mais il n’y en a pas eu.»
Mathieu en était à son deuxième voyage aux États-Unis dans le but d’être aux premières loges de ces phénomènes météorologiques.
À bord de son véhicule spécialement équipé pour ce type d’aventure – ordinateur, accès internet, image radar qui analyse les orages et caméra fixée au pare-brise –, le météorologue amateur fait des topos en direct de l’endroit qu’il visite.
Une passion pour certain, un métier pour d’autres
Camionneur de métier, Mathieu rêve d’un jour troquer la livraison pour la chasse météo à temps plein.
«J’aimerais consacrer tout mon temps à cette passion. La météo, c’est ma vie! J’y suis rattaché 24h/24. Aux États-Unis, les stations de télévision payent les chasseurs de tornades pour leurs topos en direct et ça permet littéralement de sauver des vies. Ici, il y a de 8 à 10 tornades par année, mais ça n’a rien à voir.»
Les États-Unis sont un paradis pour les amateurs de phénomènes météo comme Mathieu. «C’est un autre monde! De voir que nous sommes si petits face à la nature, ça n’a pas de bon sens. Lorsqu’une tornade se forme devant toi, tu n’as plus de contrôle et c’est la nature qui décide.»
Citoyen avant tout
Les chasseurs de tornades respectent un code d’éthique. Puisque les phénomènes météo se concluent souvent par des catastrophes, les chasseurs se donnent comme devoir de secourir les victimes en cas de situation d’urgence.
«C’est une politique entre les stormchasers. Lorsqu’il se produit un événement grave, c’est fini la chasse aux tornades et on part donner des premiers soins aux citoyens touchés», explique celui qui est passé à un cheveu d’y avoir lui-même recours cette année, lorsqu’il était de passage au Nebraska.
«Parce que les terrains sont plats, on peut voir les orages de loin sans trop s’approcher. À un certain moment, lors de notre voyage, j’ai eu l’impression que j’allais mourir. Il y avait une ligne d’orages propices à créer des tornades de force F5, les plus fortes de toutes. Comme c’était la nuit, nous nous sommes retrouvés entourés d’éclairs et d’entonnoirs et mon ami m’a dit qu’un “monstre” venait de toucher le sol. Les vents s’élevaient à 150km/h. Je ne pensais plus à rien sauf à éviter de mourir!», raconte Mathieu, qui s’en est finalement sorti en roulant sans arrêt vers le sud jusqu’à ce qu’il soit en lieu sûr.
Malgré tout, il compte bien retourner chasser les tornades lors de ses prochaines vacances, parce que pour lui, «c’est une drogue»!
