URGENCE. Sur les lieux d’un incendie, les pompiers s’affairent à éteindre les flammes. Le chef des opérations, lui, coordonne et assure le bon déroulement des interventions. Pendant une journée, Le Courrier du Sud a suivi Pascal Petit, directeur aux opérations au Service sécurité incendie de l’agglomération de Longueuil (SSIAL), pour découvrir en quoi consiste son travail.
7h30. Le chef est déjà à la caserne 31 de la rue Saint-Georges depuis 30 minutes, afin d’assurer le relai avec l’équipe de nuit. Il entame ensuite les vérifications de son véhicule. Tous les équipements sont en place: bonbonne d’oxygène, uniforme (plus communément appelé bunker), accessoires de la table de commande, etc. Et le réservoir d’essence est plein.
8h: Le poste de chef aux opérations oblige quelques tâches administratives. Deux pompiers ne pourront pas faire leur prochain quart de travail; il faut donc faire des appels pour trouver des remplaçants.
Une télévision est toujours en marche dans le bureau. «On écoute toujours les nouvelles. On veut le savoir quand il se passe quelque chose à Montréal, ou à Varennes, par exemple», explique Pascal Petit.
8h24: On monte à bord de la patrouille 132. Direction? Le Tim Horton’s du boul. Jacques-Cartier. Il faut bien déjeuner! M. Petit garde néanmoins toujours une oreille attentive à la radio, par laquelle un appel d’urgence peut être transmis aux équipes. On y apprend d’ailleurs qu’il y a une fuite de gaz dans un quartier résidentiel de Boucherville.
8h59: Pascal Petit embarque dans sa voiture, gyrophares allumés, en direction de la rue Acasias. Au même moment, le système d’alarme se déclenche dans une école primaire; une autre équipe se rendra sur place. «C’est souvent comme ça; tout arrive en même temps!»
«Tu remarqueras les comportements des automobilistes, lance M. Petit. Les gens sont dans leur bulle. Il faut conduire pour les autres.» Force est de constater que ce n’est en effet pas un automatisme chez les conducteurs de se ranger sur la droite à l’arrivée d’un véhicule d’urgence.
Assurer la sécurité
9h10: Arrivé à Boucherville, Pascal Petit se dirige vers le chef aux opérations déjà en place, Marc-Alain Duchaîne, qui est à la table de commandement. Il a déjà identifié quelles sont les équipes sur place et où elles sont positionnées. Lorsque les spécialistes de Gaz Métropolitain arriveront, ils leur donneront aussi une plaquette pour s’identifier.
Dans le cas d’une fuite de gaz, «les pompiers sont là pour contrôler, pour sécuriser. C’est Gaz Métro qui vient colmater la fuite», ajoute M. Petit.
«En ce moment, les gars sont assez relax, parce que tout est sous contrôle. Mais quand c’est un incendie, tout le monde est plus stressé, les visages changent», relate M. Duchaîne. D’où l’importance d’avoir quelqu’un qui coordonne les opérations.
Un peu de formation
10h30: Arrêt au campus de Longueuil de l’Université de Sherbrooke, où quelques pompiers suivent une petite formation pour les interventions dans les bâtiments de grande hauteur. On rattrape l’équipe, qui fait un tour des lieux, inspectant les cages d’escaliers, la salle avec le système de poulies pour les ascenseurs, les locaux où se trouvent les conduites de gaz et autres valves, et même le toit.
Dans la salle des gicleurs, les pompiers scrutent un peu partout. Pascal Petit prend de nombreuses photos, qui serviront pour un document de formation.
12h: C’est l’heure du lunch. Souvent, le chef des opérations grignote quelque chose sur le coin d’une table ou sur la route. Cette fois, comme l’horaire le permet, on retourne à la caserne, en compagnie du chef Alain Lessard.
13h: Retour derrière l’écran d’ordinateur pour lire les courriels et régler quelques pépins.
Fausses alarmes
13h50: Une alarme incendie se déclenche sur la rue Victoria, dans l’arr. de Greenfield Park. En moins de deux, on monte à bord du véhicule d’urgence. À peine 30 secondes après le départ, la radio annonce une fausse alarme. Le premier camion est sur place et entame le processus de reconnaissance. Comme il n’y a pas d’incendie, les autres véhicules et camions appelés n’ont pas à se rendre sur les lieux. Donc, retour à la caserne.
«On n’a pas le choix, on tient pour acquis que lorsqu’il y a une alarme, il y a un feu. Tous les appels sont pris au sérieux», commente le chef des opérations.
15h04: Alarme sur la rue Bériot, dans le parc industriel de Boucherville. Et c’est reparti! On file à 135 km/h dans la voie de gauche sur la route 132, mais le trafic commence à se faire dense.
Une fois encore, fausse alarme: fumée de cuisson. Sur le chemin de retour vers la caserne, un appel survient pour un cas à Saint-Lambert, puis un autre sur la rue Métropole. D’autres casernes sont appelées; Pascal Petit retourne donc à son poste.
17h: C’est la fin de la journée pour Pascal Petit. Il informera le chef de l’équipe de soir des dossiers du jour.
Bilan de la journée: une douzaine d’appels, aucun incendie. Ce qui est loin d’être une mauvaise nouvelle!

