Depuis 2016, le programme Chasseurs généreux a permis de remettre plus de 64 000 livres de gibier aux familles vulnérables du Québec. Les retombées positives de ce programme se font particulièrement sentir à Longueuil où plus de 20 000 portions ont été distribuées à des personnes dans le besoin au cours des deux dernières années.
En 2024, toute la venaison récoltée lors de la gestion des cerfs au parc Michel-Chartrand a été remise à Moisson Rive-Sud, partenaire régional du programme de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs. Cette viande a ensuite été redistribuée à 16 organismes longueuillois — maisons de jeunes, refuges, services de dépannage alimentaire et maisons d’hébergement — qui l’ont directement offerte aux résidents dans le besoin.
Les opérations de contrôle de la population de cerfs effectuées au parc Michel-Chartrand ces deux dernières années ont permis la production de plus de 20 400 portions de venaison. (Photo : Le Courrier du Sud – archives)

La venaison des cerfs abattus est remise à la Moisson du même territoire. En deux ans, ce sont 20 438 portions de venaison qui ont été remises à la population de Longueuil, dont 12 850 portions uniquement en 2024. L’opération de contrôle des cerfs menée en novembre a permis d’ajouter 7588 portions supplémentaires à cette aide alimentaire d’urgence. Toute la viande est transformée par un boucher certifié Chasseurs généreux et accrédité par le MAPAQ.
Une ressource essentielle
Pour Moisson Rive-Sud, la contribution qui survient à la suite de l’opération de novembre dernier tombe à point. «Ce qui nous manque le plus, ce sont les protéines, explique Deborah Chojnacka, responsable du développement des partenariats alimentaires. Grâce à nos ententes avec Olymel et Exceldor, nous recevons du poulet, mais c’est tout. Les œufs demeurent encore notre principale source de protéines distribuées.»

La venaison distribuée à Longueuil constitue une source de protéines particulièrement recherchée. Selon Santé Canada, elle figure parmi les viandes rouges les plus maigres et les plus riches en nutriments, offrant jusqu’à 26 g de protéines par portion de 100 g, en plus d’apporter vitamines A et C, fer et calcium. (Photo : gracieuseté Moisson Rive-Sud)
Livrée directement au nouvel entrepôt de 30 000 pi² de Moisson Rive-Sud, dans la zone aéroportuaire de Longueuil, la venaison arrive déjà sous forme de viande hachée avant d’être redistribuée aux organismes locaux. «Avec nos congélateurs et nos cinq camions, nous avons l’équipement nécessaire pour faire ce travail tout en respectant la chaîne de froid», assure Mme Chojnacka.
Mois éprouvants anticipés
Depuis son déménagement en décembre 2024, Moisson Rive-Sud voit la demande exploser : +30 % depuis 2021, dont +19 % pour la seule période 2024-2025. En cinq ans, son budget annuel est passé de 800 000 $ à 3,5 M$, illustrant l’ampleur croissante des besoins sur le territoire.
Moisson Rive-Sud a pris possession de son nouveau bâtiment en décembre 2024. (Photo : Le Courrier du Sud – archives)

Les prochains mois s’annoncent tout aussi éprouvants. Le plus récent Rapport sur les prix alimentaires prévoit qu’en 2026, une famille de quatre dépensera en moyenne 17 572 $ en nourriture et en restaurants — une pression supplémentaire pour de nombreux ménages longueuillois, et donc pour Moisson Rive-Sud.
Comme l’affirmait déjà Tifanie Brazier, conseillère principale au développement philanthropique, au Courrier du Sud en mai dernier, l’organisme est désormais « condamné à voir grand » pour répondre à la demande croissante de la population.


