TransCanada a retiré son projet Énergie Est, un oléoduc qui aurait traversé le Québec. Excellente nouvelle.
Saluons le monde municipal, soit les quelque 300 maires du Québec, dont la mairesse de Longueuil, et la société civile (Nature Québec, Alerte pétrole rive-sud, Équiterre, etc.) qui se sont levés pour dire NON à ce projet qui aurait transporté chaque jour plus d’un million de barils de pétrole des sables bitumineux destiné à l’exportation.
Comportant des risques écologiques importants et sans intérêt économique pour le Québec, il était évident que ce projet ne satisfaisait pas au critère d’acceptabilité sociale pour la population du Québec.
Dans ce contexte, il est gênant de constater que tant les gouvernements libéraux de Philippe Couillard, à Québec, que celui de Justin Trudeau, au fédéral, n’aient pas écouté le message que leur lançait la population, d’autant plus que ces deux paliers de gouvernement clament sur toutes les tribunes qu’ils luttent contre les changements climatiques.
Le pétrole bitumineux: non rentable
Les grandes pétrolières étrangères se sont retirées des futurs projets de pétrole bitumineux canadiens. Ils sont considérés peu ou pas rentabilisables, car trop coûteux en capital et trop polluants (ce qui diminue leur valeur économique sur le marché international). Les banques hésitent à financer ces projets. Les compagnies pétrolières canadiennes réduisent considérablement leurs projets, mais persistent, probablement parce qu’elles s’attendent à un soutien financier des gouvernements albertain et canadien en cas de difficultés financières.
Enfin, avec l’approbation des oléoducs Keystone XL, qui exportera directement le pétrole albertain vers les États-Unis, et TransMountain, qui l’acheminera vers le port de Vancouver, l’Ouest n’aura pas de pétrole supplémentaire à exporter en 2021 et les années subséquentes. TransCanada n’avait plus le choix, Énergie Est aurait constitué un cauchemar économique.
Retour du cauchemar de 2010: la fracturation gazière
Dans le cas d’Énergie Est, la vigilance du monde municipal et de la société civile a permis au bon sens de prévaloir.
Cette vigilance est à nouveau nécessaire face aux projets de règlements de la Loi sur les hydrocarbures déposés le 20 septembre par le gouvernement Couillard. Il propose d’autoriser les forages pétroliers et gaziers dans les lacs et rivières, et jusqu’à 150 mètres des maisons, y compris par fracturation hydraulique.
Encore une fois, il faut que municipalités et société civile œuvrent à faire entendre raison au gouvernement Couillard et le fassent reculer sur ces projets de règlements afin de protéger notre eau potable.
