L’implantation du programme d’éducation à la sexualité dès septembre prochain a fait couler beaucoup d’encre au cours des dernières semaines.

Mais quand on parle d’éducation sexuelle, de quoi parle-t-on au juste? D’éléments physiologiques, bien entendu, mais aussi d’égalité, de consentement, bref, de respect.

Et c’est ici que le bât blesse. Parler de respect aux élèves, certes, mais cet apprentissage ne devrait-il pas d’abord et avant tout se vivre dans un environnement conséquent?

Comment se fait-il que, comme société, on martèle que l’intimidation est inacceptable et que la violence est inadmissible, mais qu’on tolère pourtant ces comportements dans nos établissements scolaires?

Comment se fait-il que plus d’une personne sur deux ait été témoin ou victime de violence physique dans son école ou son centre; que près de trois personnes sur quatre aient été témoins ou victimes de violence verbale dans leur établissement; et que plus d’une personne sur deux ait été témoin ou victime d’intimidation dans son milieu (une fois sur trois par son supérieur!)?

Au cours des dernières années, les cas isolés se sont multipliés au point de devenir un problème sérieux dans nos écoles et nos centres. Les arrêts de travail se sont multipliés et les cas d’invalidité ont bondi. Il faut que ça change!

Comment se fait-il que dans certains milieux, on banalise constamment la violence? Comment se fait-il qu’on en arrive à faire croire au personnel enseignant et de soutien que de se faire mordre, frapper et insulter par des élèves fait partie des aléas de la profession?

Comment se fait-il que dans bien des cas, on fait taire ceux qui dénoncent des situations intenables à coups de mesures disciplinaires plutôt que de les appuyer et de les soutenir?

Prêcher par l’exemple qu’ils disent. Dans nos écoles et dans nos centres, il faudrait peut-être que les bottines suivent les babines! Et ça commence par le respect de tout un chacun, même en milieu scolaire…

Éric Gingras,

Président du Syndicat de Champlain (CSQ)