Par Bernard Grandmont et Dominique Lapierre

Président du conseil d’administration et directrice générale du Théâtre de la Ville

La pandémie a frappé de plein fouet le milieu artistique et notre grande institution longueilloise n’a pas fait exception. L’équipe s’est relevé les manches, a maintenu ses activités et a continué de s’accrocher à ce projet d’un grand complexe culturel.

Ce projet, discuté depuis plus de 15 ans, donnerait enfin les moyens de ses ambitions à Longueuil et offrirait à la 5e plus grande ville du Québec une infrastructure culturelle à la hauteur des talents d’ici.

Sous l’impulsion d’une nouvelle direction, le Théâtre de la Ville a d’ailleurs réalisé un exercice de planification stratégique rassembleur et prometteur, tablant encore davantage sur ses forces et son caractère distinctif. Nous sommes prêts à déployer nos ailes, à bonifier notre offre théâtrale, à offrir une meilleure accessibilité aux gens de la Rive-Sud et à accélérer l’avènement d’une relève artistique de grand talent.

Cet été, la Ville de Longueuil nous a fait savoir, ainsi qu’aux trois autres partenaires majeurs concernés – l’Orchestre symphonique de Longueuil, le Théâtre Motus et Plein sud, centre d’exposition en art actuel – que le projet de complexe culturel prévu à l’origine pour 2020 était encore une fois reporté, cette fois en raison de l’augmentation appréhendée des coûts de construction.

En réaction à cette nouvelle, nous voulons réaffirmer notre volonté de participer activement à la relance du projet et souhaitons que la Ville intègre la pleine contribution de toutes nos ressources et compétences pour concevoir un projet véritablement adapté aux besoins culturels actuels. Nous en appelons à l’engagement du nouveau conseil municipal à cet égard.

Aussi, bien qu’hébergé depuis toujours sur le campus de notre grand partenaire, le cégep Édouard-Montpetit, notre bail arrive à échéance. Le Cégep nous a fait savoir qu’il entend reprendre certains espaces dédiés aux activités artistiques du Théâtre, en raison de l’augmentation de sa population étudiante. Le Théâtre de la Ville se retrouve donc aujourd’hui dans une position qui le fragilise grandement.

Nous avons identifié des pistes de solution pour reloger certains de nos services et nous avons confiance de pouvoir compter sur le soutien financier de nos partenaires institutionnels à cet égard. Toutefois, nous voyons poindre à l’horizon la perte d’accès à des espaces culturels, à la limitation de nos activités de diffusion, et même la mise en péril notre volet de soutien aux artistes et notre programme de résidences. Tous conviendront que ce n’est pas une option recevable pour les amoureux des arts vivants de la Rive-Sud et de la Montérégie.

À court terme, nous devons donc sécuriser nos espaces artistiques actuels, studios et salles. Par la suite, sur un horizon raisonnable de cinq ans, nous souhaiterons voir l’avènement d’une nouvelle construction et/ou de salles rénovées pour réaliser pleinement notre mission. Nous en appelons donc à la contribution incontournable de tous nos partenaires pour soutenir le développement et assurer la pérennité du Théâtre de la Ville. L’enjeu exige la collaboration de tous; il ne pourra se régler à la pièce.

Les arts et la culture constituent le meilleur remède pour redonner aux gens le bonheur dont plusieurs ont été privés ces dernières années. Longueuil et la Rive-Sud ont beaucoup à offrir à leurs citoyens et notre projet doit être à la hauteur des attentes légitimes de la population.

Plus que jamais, il faut donc ensemble assurer l’avenir du seul diffuseur pluridisciplinaire de notre territoire, au bénéfice de toute la communauté.