FINANCES. L’Agglomération de Longueuil a pris la décision de suspendre 40% de l’indexation aux rentes de ses retraités, se prévalant ainsi du droit que lui octroie la Loi favorisant la santé financière et la pérennité des régimes de retraites à prestations déterminées du secteur municipal.

Le 8 décembre, les élus des cinq villes liées ont voté en faveur de cette suspension de l’indexation automatique, à l’exception du maire de Boucherville, qui a voté contre.

Au moment de l’adoption, les nombreux employés et retraités municipaux qui avaient assisté à la séance ont quitté dans un grand bruit, signifiant leur désaccord.

Une signature à respecter

Lors de la période de questions, le président des syndicats regroupés des employés municipaux de l’ensemble de l’Agglomération, André Duval, a exprimé son «dégoût à l’égard de cette loi infâme» et a appelé les élus à respecter leur signature et à renoncer à la coupe de l’indexation, parlant d’une «bris intergénérationnel majeur».

«Les revenus des retraités sont de l’ordre de moins de 20 000$ par année», a-t-il exposé.

Il a notamment évoqué la mémoire et le combat d’hommes tels que Michel Chartrand pour le droit des travailleurs, soulignant que la Ville a récemment honoré le parcours de cet homme avec l’inauguration de  l’œuvre La force ouvrière. Il a ainsi enjoint les élus à prendre une décision conséquente, «s’il vous reste un peu de respect humaniste».

Pour sa part, le président de la Fraternité des policiers et policières de Longueuil Danny Lopez a questionné les élus quant à l’équité entre leur propre régime de retraite et celui des employés municipaux.

«Dans le régime de retraites des élus, le taux prélevé de votre salaire est de 6,75%, auquel la Ville ajoute 20%, pour un total de 26,75%. Vos employés devront se contenter du coût de 20% comme le régit la loi. Est-ce équitable? Je ne crois pas», a-t-il soulevé.

Alain Langlois, retraité de Longueuil, a ajouté sa voix, déplorant que Longueuil «se prévaut des largesses d’une mauvaise loi» qui constitue un «bris sans précédent du contrat de travail».

Équité à l’égard des citoyens

La mairesse Caroline St-Hilaire s’est dite sensible à ces enjeux, rappelant que les rentes aux retraités ne seront pas touchées, mais que cette application de la Loi suspend 40% de l’indexation, qualifiant de «pas banal» cet effort de 32 M$.

Reprenant le terme d’équité, elle a affirmé qu’il s’agit aussi de l’un de ces soucis, notamment à l’égard de l’ensemble de la population.

«On parle d’équité avec les employés actifs et les retraités, mais aussi les citoyens. Comme mairesse, je dois également défendre la capacité de payer des citoyens. Et je crois qu’il s’agit donc d’une décision responsable.»

L’objectif ultime de cette mesure est la pérennité des régimes de retraites, a-t-elle soutenu.

En réponse aux questionnements de Danny Lopez, Mme St-Hilaire s’est dite prête à ce que le régime de retraite des élus soient le même que celui des employés, ce qui fait l’objet de discussion à l’Union des municipalités du Québec.

Le maire de Saint-Bruno-de-Montarville Martin Muray ainsi que le maire de Saint-Lambert Alain Dépatie se sont aussi montrés ouverts à une telle proposition, rappelant toutefois que la Loi 15 ne statue actuellement pas sur cette question.

Le conseiller municipal de Brossard Serge Séguin a tenu à spécifier que son opinion personnelle sur la question de la coupe de l’indexation des régimes de retraites «n’a rien à voir avec sa décision d’élus responsable».