Texte du Brossard Éclair

ENTREVUE. Avec son spectacle Les passages secrets, Louis-Jean Cormier emprunte une tout autre avenue que celle des Grandes artères. Il propose un spectacle où il est seul sur scène, avec sa guitare électrique. Une prestation à des milles de l’image que le public peut se faire du spectacle solo.

«Ce n’est pas ce à quoi on s’attend, lance d’emblée le chanteur. Je ne suis pas seul, assis sur mon tabouret, avec un verre d’eau et ma guitare sèche. C’est un show rock, électrique, avec les projections vidéos débiles de Mathieu Roy!»

Louis-Jean Cormier avoue n’avoir connu jusqu’ici rien de «plus intense et sophistiqué» côté éclairages. «Finalement, c’est un super gros show», constate-t-il.

Sur scène, il savoure pleinement la «liberté absolue» que lui procure cette formule. Il revisite ses chansons, fait un tour du côté du répertoire de Karkwa ou des 12 hommes rapaillés, offre des inédits. Bref, il respecte son canevas de base… ou pas.

D’autant plus que ce tête-à-tête avec le public crée un lien particulièrement intime, grâce auquel le chanteur permet au public d’entrer dans sa bulle.

Et cette liberté n’entraîne aucun vertige, au contraire. «Je suis le maître à bord. Je me sens un peu nu, mais bien en même temps», image l’auteur-compositeur-interprète.

Ce plaisir du show solo lui est venu lorsque son ami Richard Séguin lui a demandé de venir faire une prestation à Saint-Venant.

«J’étais seul sur scène pendant une heure et demie. Ç’a été très spécial. Moi qui a toujours dit que j’étais un gars de band, j’ai découvert autre chose.»

Depuis quelques temps, il se produit dans de plus petites salles et «voit du pays». D’où l’idée des Passages secrets, comparativement aux Grandes artères de son dernier album. «C’est un spectacle quatre roues motrices; il permet de prendre les routes de campagne, il donne le goût de piquer à travers champs!»

Détour en France

Louis-Jean Cormier est de retour d’une courte tournée de spectacles en France, où il a offert Les grandes artères en version guitare, contrebasse et percussions. «C’était des arrangements solo, montés en trio. Ç’a apporté une nouvelle façon de jouer. On a trouvé ça vraiment l’fun», raconte-t-il.

Il retournera de l’autre côté de l’Atlantique à l’automne et y restera un an, notamment pour écrire.

Jongler avec les idées et les chansons

Aux yeux de celui qui a occupé le siège de juge à La Voix le temps d’une saison, ses divers projets de réalisations – avec Marie-Pier Arthur, Lisa Leblanc, David Marin – lui donnent un regard différent sur son propre matériel.

«Faire de la réalisation, c’est comme un stage linguistique, compare-t-il. J’adore jongler avec les idées, que ce soit celles des autres ou les miennes. Quand un artiste vient te voir, te montre son matériel et dis «sers-toi», c’est hyper excitant! Et la direction artistique est la partie que j’aime le plus: ce que l’artiste fait de mieux, on va l’apporter à son maximum.»

À l’image de ce contact inspirant avec d’autres œuvres, Louis-Jean Cormier semble participer à cet élan qui amène plusieurs artistes d’aujourd’hui à mettre leur couleur sur des succès des décennies passées.

Le chanteur est l’initiateur de l’émission Microphone diffusée à Télé-Québec, qui invite des artistes à collaborer ensemble et à revisiter des classiques de la chanson. Il a également réinterprété Ce soir l’amour est dans tes yeux de Martine St-Clair ou encore Complots d’enfants, de Félix Leclerc.

Pourquoi cette nostalgie? «On a quand même un devoir de piger dans la boîte des objets perdus, autant pour revisiter des chansons oubliées que pour montrer à quel point la musique, c’est maniable, et que les façons d’interpréter les chansons, c’est hyper vaste!»

Bien que la création demeure à ses yeux plus importante que l’interprétation, Louis-Jean Cormier ne peut se refuser ce qu’il qualifie… de plaisir coupable.