Juge de ligne de Saint-Hubert
L’ascension vers la Ligue nationale de hockey (LNH) est parsemée d’embuches et de sacrifices pour un joueur. Il en va de même pour un arbitre qui veut gravir les échelons jusqu’aux rangs professionnels.
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C’est ce qui vient à l’esprit de Guillaume Brunelle lorsqu’il repense au chemin qu’il a parcouru en un peu plus de 10 ans avant son premier match dans la Ligue américaine de hockey (AHL), le 3 novembre, à la Place Bell de Laval.
Sac d’école et poche de hockey
Guillaume Brunelle a commencé à arbitrer au hockey mineur, suivant les traces de son père Benoît.
Entre ses cours de sa technique policière et la route du circuit Courteau, Guillaume Brunelle a dû faire preuve de dévouement, sacrifiant parfois sa famille, dont son père et son frère, qui partagent la même passion que lui pour l’arbitrage. Depuis deux ans, sur une base régulière, le jeune homme juge des matchs de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) et de la Ligue professionnelle de la Côte Est (ECHL).
À quelques jours de ses débuts dans l’AHL, le natif de l’arr. de Saint-Hubert se disait excité.
«Je suis confiant. J’ai hâte de faire mes premiers tours de glace dans le professionnel, a souligné l’arbitre de 23 ans. J’ai dû faire beaucoup de sacrifices pour me rendre à ce niveau. Jamais je n’aurais pensé me rendre là.»
«J’étais très heureux, cet été, quand j’ai reçu le courriel m’annonçant que j’avais été retenu sur la liste des arbitres qui participeraient à des rencontres dans la AHL cette saison.»
L’expérience du Centre Bell
Guillaume Brunelle a déjà touché à son rêve d’arbitrer les meilleurs joueurs de hockey au monde en septembre 2015, alors qu’il a pris part à une partie intra-équipe du Canadien de Montréal au Centre Bell.
«C’était impressionnant devant 21 000 personnes!, a-t-il avoué. C’est un de mes plus beaux souvenirs en tant qu’arbitre.»
C’était dans un amphithéâtre de 10 300 places qu’il devait chausser les patins il y a quelques jours, mais cette fois, pour un examen officiel. Et pour l’occasion, une douzaine de membres de sa famille étaient présents pour l’encourager; un soutien aux allures de récompense pour ses nombreux efforts.
Même préparation
Le juge de ligne a assuré que sa routine ne déroge pas parce qu’il évolue à un calibre supérieur. Il a visionné plusieurs vidéos afin d’être prêt.
«La game reste pareille et rien ne change dans ma préparation d’avant-match, a-t-il expliqué. Cependant, il y a des règles différentes et plus strictes pour les juges de ligne en ce qui concerne les mises en jeu. C’est le gros changement à apporter.»
Sachant que sa performance ne pouvait être parfaite, le #63 espère tout de même avoir démontré qu’il a les aptitudes et la maturité pour progresser au niveau suivant.
«Je me distingue parce que je suis très disponible et parce que j’ai une bonne éthique de travail. Je suis mature. Je ne dirai jamais que ce n’est pas un rêve d’atteindre la Ligue nationale, mais la marche est vraiment haute. Je vais continuer à travailler fort.»
Une seconde date est encerclée sur le calendrier «AHL» de Guillaume Brunelle: celle du 22 décembre. Les Americans de Rochester seront alors de passage à la Place Bell de Laval pour y affronter le Rocket.
Jesse Gour, un autre arbitre de Saint-Hubert
Un autre jeune homme de l’arr. de Saint-Hubert a donné ses premiers coups de sifflet dans la AHL cette saison. Jesse Gour, 23 ans, a de plus participé au camp d’évaluation de la LNH cet été à Buffalo.
Selon son bon copain Guillaume, Jesse Gour aurait davantage de chances de percer dans la LNH que lui, parce qu’il est officiel en chef et que sa progression est très rapide jusqu’à présent.
Son parcours sera également à suivre au cours des prochaines années.
Recommandés par leurs superviseurs
Les deux jeunes hommes ont fait partie de la liste d’officiels recommandés à la AHL par le directeur de l’arbitrage de la LHJMQ Richard Trottier et son responsable des juges de ligne Jean Morin.
«S’ils étaient sur notre liste de recommandations et qu’on les a choisis en premier lieu dans la LHJMQ, c’est qu’on croit qu’ils ont le potentiel, affirme l’ex-arbitre de la LNH Richard Trottier. Guillaume présente un certain niveau de maturité et une bonne forme physique pour son âge.»
«Au hockey, il faut souvent être à la bonne place au bon moment. Ils sont chanceux d’avoir un bon timing, avec l’arrivée d’équipes professionnelles dans l’Est et encore plus avec le Rocket à Laval, ajoute-t-il. Dans le cas de Jesse, c’est un jeune homme qui vit le moment présent en continuant ses études en technique policière lui aussi.»
Selon le directeur d’expérience, le manque d’équipes professionnelles à proximité demeure un problème au Québec. Plusieurs jeunes officiels ont un potentiel à développer, mais trop peu d’occasions pour se faire valoir. Certains d’entre eux revoient leurs priorités et se tournent vers leurs études à défaut de voyager pour exploiter leur talent d’arbitre. Le Rocket de Laval aide donc à remédier un peu à cette situation.
