La récente démolition de l’église Notre-Dame-de-Grâces à Longueuil a permis de dévoiler une capsule temporelle contenant, entre autres, un message et des signatures de paroissiens.

La capsule temporelle a été récupérée lors des travaux et remise au président de la Fabrique – Benoit Laganière. «Il s’agit d’une petite boite en plomb avec des documents à l’intérieur», indique-t-il en entrevue au Courrier du Sud.

Parmi les documents, pas de grandes révélations sur le message de la Sainte Vierge à Fatima ou concernant l’emplacement de l’Arche d’alliance tant convoitée par les nazis et Indiana Jones. On y retrouve simplement une copie du feuillet paroissial de la semaine du 22 décembre 1957, deux documents de Rome certifiant la nature des reliquaires, et un message sur papier à en-tête de la paroisse Notre-Dame-de-Grâces signé par quelque 80 personnes.

On peut y lire :

«Sous le Pontificat de Sa Sainteté le Pape Pie XII, Son Excellence Mgr Gérard Marie Coderre étant évêque de Saint-Jean de Québec, M. l’abbé Maurice Langlois, curé de la paroisse, Le T. Honorable John Diefenbaker, premier ministre du Canada, Son Honneur Joseph Louis Charberland, maire de Cité Jacques Cartier, M.M. Roland Hinse, Charles Lambert, Gaudiose Rochette étant syndics, M. Victor Laliberté, architecte de l’église, M.M. Lalonde et Valois, ingénieurs en béton, M.M. Lefrançois, Laflamme et Gauthier, ingénieurs conseils pour le chauffage, la plomberie et l’électricité.

Ce dimanche 22 décembre de l’an 1957, dimanche avant Noël, la pierre angulaire de l’église Notre Dame de Grâces, Cité Jacques Cartier a été solennellement bénite par son Excellence Mgr Gérard Marie Coderre, évêque de Saint Jean, en présence des autorités religieuses et civiles, de l’architecte, des syndics, des marguilliers ainsi qu’un grand nombre de paroissien.»

En septembre 2024, un résident du secteur, Stéphane Héon, avait tenté sans succès de récupérer ce trésor avec la permission de la Fabrique Saint-Antoine-de-Padoue. «Les souvenirs de tous ceux qui ont contribué à cette inauguration vivront au-delà du temps. L’essentiel est de ne pas les oublier», affirme-t-il.

Serge Héon
En septembre 2024, Stéphane Héon affirmait qu’une capsule temporelle avait été emmurée derrière la plaque mentionnant l’année de construction de l’église Notre-Dame-de-Grâces. Il avait bien raison. (Photo: Le Courrier du Sud – Archives)

Reliquaires

La Fabrique a également récupéré deux reliquaires qui étaient sous la dalle de granit de l’autel. «Quand une église est désacralisée, on doit enlever les reliquaires qui y ont été installés lors de la construction», explique M. Laganière.

Un reliquaire consiste souvent en un fragment d’os d’un saint. Dans ce cas-ci, ce sont ceux de saint Jude et saint Jean-Marie Vianney.

Reliquaires

Les deux reliquaires, de saint Jude (à gauche) et saint Jean-Marie Vianney (à droite) ont été récupérés. (Photo: Benoit Laganière)

Sur l’un des documents, la mention « EX OSSIBUS S. JUDAE THADD. AP. »  indique qu’il s’agit d’une relique attribuée à Jude Thaddée, l’un des douze apôtres de Jésus, parfois appelé simplement saint Jude (à ne pas confondre avec Judas Iscariote). Celui-ci est daté du 21 août 1959 au lieu de 1957; sans doute une erreur.

saint Jude
La mention « EX OSSIBUS S. JUDAE THADD. AP. » indique qu’il s’agit d’une relique attribuée à Jude Thaddée, l’un des douze apôtres de Jésus. (Photo: Benoit Laganière)

De son côté, Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859), connu sous le nom de « Curé d’Ars », était un prêtre français célèbre pour son dévouement pastoral, son charisme de confesseur et sa piété. Il est considéré comme le saint patron des prêtres et a marqué l’Église par sa simplicité et sa dévotion.

Église Notre-Dame-de-Grâces
L’église Notre-Dame-de-Grâces est tombée sur le pic des démolisseurs. (Photo: Le Courrier du Sud – Sylvain Daignault)

Rappelons que l’église Notre-Dame-de-Grâces a été démolie pour faire place à un immeuble à logements pour personnes à risque d’itinérance.