Le Syndicat de Champlain a dévoilé un nouveau rapport dans lequel il chiffre un phénomène en constante augmentation : la violence en milieu scolaire. Parmi les nombreuses données, il note qu’entre 2023 et décembre 2025, le personnel enseignant du Centre de services scolaire Marie-Victorin a reçu 233 coups de pied et a noté plus de 200 événements de pression psychologique.
À cela s’ajoutent plus de 200 cas de coups de poing, plus de 170 cas de morsure et plus de 150 cas d’élèves qui ont «tapé» un enseignant.
Les cas d’agression ont monté de 584 pour l’année scolaire 2023-2024, à 759 pour 2024-2025, et à 464 pour la seule période de septembre à décembre de l’année scolaire 2025-2026.
Quant aux événements psychologiques, le syndicat en recense plus de 760 pour la période de septembre 2023 à décembre 2025. On note entre autres plus d’une centaine de cas d’incivilité et d’agression verbale.
Au total, les membres du Syndicat de Champlain, qui représente les enseignants du CSS Marie-Victorin et du CSS de la Vallée-des-Tisserands, ainsi que les enseignants et le personnel de soutien du CSS des Patriotes, ont déclaré 9933 cas de violence durant cette période.
On parle de cas de violence venant d’élèves ou de parents envers le personnel. Le Syndicat dit observer de la violence physique à un jeune âge, dès la maternelle, 1re ou 2e année, tandis qu’au secondaire, il s’agit plus de violence psychologique.
En constante augmentation depuis 2018
Pour Jean-François Guilbault, président du Syndicat de Champlain, ce phénomène est clairement en ascension depuis quelques années.
«Au niveau des membres qui appellent pour nous demander des ressources, pour poser des questions, ça c’est en constante augmentation depuis 2018», indique-t-il en entrevue avec Gravité Média.
Questionné sur les sources de cette montée de la violence, M. Guilbault croit qu’elle est multifactorielle, mais note tout de même une forme de résistance à l’autorité.
«Ce n’est pas empirique, mais ce qu’on observe sur le terrain, c’est notamment la remise en question de l’autorité scolaire au sens large. Par exemple, des adultes qui légitimisent ces comportements. […] L’objectif n’est pas de trouver des coupables, mais de voir comment on peut faire autrement et sensibiliser les adultes. C’est un enjeu de société et ça ne peut reposer uniquement sur les épaules du personnel scolaire», soutient-il.
Se terrer dans sa classe
Les problèmes de violence en milieu scolaire ou chez les jeunes en général sont de plus en plus décriés. C’est d’ailleurs dans cet esprit que le Syndicat de Champlain a récemment lancé sa campagne « Mettons un X sur la violence en milieu scolaire ».
Selon lui, les conséquences de ce phénomène sont nombreuses, allant de l’absentéisme grandissant, de la difficulté à pourvoir les postes jusqu’à l’abandon complet de la profession.
«Encore ce matin, j’ai reçu un témoignage, on me disait que dans des écoles secondaires, notamment à Longueuil, il y a du personnel scolaire qui se terre dans sa classe. Ils ne veulent plus circuler dans les corridors durant les pauses. Ils ne veulent plus intervenir lorsqu’on appelle à l’aide par peur d’être victime eux-mêmes», indique M. Guilbault.
«On observe une grande quantité de détresse. Le personnel se sent limité par ses capacités d’intervention, avec la menace des tribunaux ou du protecteur de l’élève. Tout le monde est en état de s’autoprotéger, rien pour aider le climat de peur», ajoute-t-il.

