GRÈVE. Depuis minuit, les paramédics de la Montérégie sont en grève pour une période illimitée. Ces professionnels de la santé demandent l’ouverture de négociations avec le gouvernement du Québec au sujet du renouvellement des conventions collectives.

Ils étaient près d’une trentaine ce matin, dès 8h, devant les locaux de leur employeur Coopérative Des Techniciens Ambulanciers De La Montérégie (CETAM) à Saint-Bruno-de-Montarville, pour marquer symboliquement le lancement du mouvement de contestation. 

Les revendications majeures portent sur la charge et les horaires de travail, les salaires et la bonification du régime de retraite. Si les grévistes assurent que le service à la population sera «assuré à 100% » et que «la santé et la sécurité des citoyens ne seront pas impactées par la mobilisation», diverses actions seront toutefois menées pour perturber l’administration dans les prochains jours.

Cette grève, qui a déjà gagné la région Montréal le 5 février, prend donc de l’ampleur en s’étendant désormais au niveau national.

«Malheureusement, il semble que la grève soit le seul moyen pour nous faire entendre, déclare le président du Syndicat des paramédics et du préhospitalier de la Montérégie (SPPM), Gaétan Dutil. Nous nous retrouvons dans une situation désespérée où certains ambulanciers n’arrivent pas à manger ou prennent des appels d’urgence en retard en raison de la surcharge de travail. De plus, nous n’avons reçu aucune offre d’augmentation salariale. Le ministre de la Santé ne peut pas fuir ses responsabilités.»

En avril 2016, le ministre de la Santé et des Services sociaux Gaétan Barrette annonçait son retrait des négociations et confiait la responsabilité aux diverses entreprises privées et coopératives du secteur. Or, selon le syndicat, ces dernières n’ont pas les mandats pour faire progresser les discussions.

Près de 550 paramédics syndiqués couvrent le territoire de la Montérégie; ils mènent leurs négociations de concert avec les 3600 membres du Conseil central de la Montérégie (CSN) du secteur hospitalier.

«M. Barrette est-il conscient de l’ampleur du désastre qu’il est en train de causer dans le secteur hospitalier? demande la présidente du CSN Annette Herbeuval. Cette grève aurait pu être évitée s’il avait pris ses responsabilités. Nous attendons un geste concret du ministre pour remettre les négociations sur les rails. Les paramédics méritent une bien meilleure reconnaissance pour leur rôle indispensable.»

En Montérégie, deux autres mobilisations ont eu lieu ce matin à 10h à Saint-Jean-sur-Richelieu et à Cowansville.