Dans son rapport sur la démarche participative sur l’itinérance et la cohabitation sociale, l’Office de participation publique de Longueuil (OPPL) recommande l’installation d’un refuge permanent au centre-ville. Il s’agit de l’une des 15 recommandations formulées pour améliorer des services aux personnes en situation d’itinérance.
Dans son rapport d’une centaine de pages, la commission recommande de renforcer l’offre d’hébergement et de services pour les personnes en situation d’itinérance, notamment par un refuge permanent au centre-ville et davantage de ressources adaptées, en particulier pour les femmes, plus souvent victimes de violence à caractère sexuel.
La Ville est également invitée à exercer un leadership accru en matière de cohabitation, de gouvernance inclusive et de dialogue entre les populations. Enfin, l’itinérance doit être intégrée aux stratégies de logement abordable et à la vision à long terme du centre-ville.
Cohabitation difficile
Parmi les nombreux campements de Longueuil, celui du parc Marie-Victorin, fait l’objet de vives inquiétudes. «Il y a de tout, en passant de la défécation sur le sol, aux seringues souillées, à des monceaux de déchets plastiques, des constructions faites avec des arbres abattus, des feux de camp, etc.», lit-on dans le rapport.

L’itinérance va augmenter au cours des prochaines années selon l’OPPL. (Photo: Le Courrier du Sud – archives)
Les commerçants rencontrés rapportent aussi une augmentation de situations problématiques (intrusions, sollicitation, vols, comportements menaçants) qui accentuent le sentiment d’insécurité et nuisent à la cohabitation sociale et à la vitalité commerciale. Tout en exprimant leur désarroi, ils soulignent leur préoccupation et leur tristesse face à la persistance de l’itinérance, en précisant qu’ils ne souhaitent pas que les personnes concernées soient simplement déplacées sans soutien.
Il y a quelques mois, Le Courrier du Sud faisait état des difficultés rencontrées par les commerçants dans le secteur de la marina, à proximité de ce parc.
Appel à une gouvernance partagée
La Ville de Longueuil affirme que les recommandations du rapport relevant de son champ de compétence s’inscrivent dans la continuité des actions déjà en cours. S’appuyant sur son Plan d’action de lutte à l’itinérance 2024-2026 et sa Stratégie d’habitation, la Ville souligne avoir déjà mis en œuvre plusieurs mesures concrètes, notamment en matière de campements, d’hébergement, de logement de réinsertion, de proximité et de cohabitation sociale.
La Ville reconnaît toutefois que certains enjeux dépassent le cadre municipal et réitère l’importance d’une gouvernance partagée entre les différents paliers de gouvernement.
Même s’il n’existe pas de solution unique à l’itinérance, une meilleure compréhension du phénomène permet d’intervenir de façon plus ciblée et efficace pour répondre aux besoins des personnes concernées, estime la mairesse Catherine Fournier dans un communiqué.
Une démarche chargé d’émotions
«Cette démarche est sans doute la plus chargée en émotion et en humanité que l’Office ait eu à mener depuis sa création en 2022», souligne au Courrier du Sud Julie Caron-Malenfant, présidente de l’Office.
Lors des consultations, des «espaces d’expression sécuritaires» ont été aménagés pour permettre aux personnes en situation d’itinérance de s’exprimer librement. Cette activité de correspondance entre itinérants, gens domiciliés et intervenants a grandement touché la présidente. «On voit des humains échanger avec beaucoup d’empathie. On voit un désir de vouloir faire partie de la solution», souligne-t-elle.
«La gravité de la situation est ressentie par tout le monde. Prendre soin des plus vulnérables bénéficient à l’ensemble de la communauté», ajoute la présidente.
Selon elle, le problème de l’itinérance va probablement continuer d’augmenter dans les prochaines années. De ce fait, les réponses d’urgence doivent être remplacées par des solutions à long terme.
Consciente que certaines de recommandations dépassent les responsabilités de la Ville, Mme Caron-Malenfant estime que ce rapport est maintenant un outil que Longueuil peut utiliser dans ses représentations auprès des autres paliers gouvernementaux.
Les consultations, tenues de mars à juin 2025, ont généré plus de 160 pistes de solutions à partir de 1062 participations.


Il n’y aura pas de solution au problème de l’itinérance tant que des profils distincts d’itinérance et des solutions adaptées ne seront pas mises de l’avant.
Par humanité on se limite à mettre en place des refuges qui font que la criminalité ne cesse d’augmenter.
Il aura fallu que des femmes itinérantes dénoncent la situation pour remettre en question des approches boiteuses et délétères. Les citoyens eux ne sont pas entendus.
La cohabitation avec l’incivilité, la violence et la toxicomanie est inacceptable.