En début de semaine, Chantal Lamarche, juge à la Cour supérieure, a fixé la date de l’audition du recours entrepris en mai dernier pour mettre un frein au projet d’abattage de cerfs de Virginie au parc Michel-Chartrand de Longueuil au 28 septembre. D’ici là, la Cour supérieure interdit formellement à la Ville de Longueuil de procéder à la mise à mort des animaux, de quelque façon que ce soit.
En réponse au dépôt de la Demande de pourvoi en contrôle judiciaire et d’ordonnance de sauvegarde par l’organisme Sauvetage Animal Rescue, l’avocate Anne-France Goldwater et la citoyenne longueuilloise Florence Meney, la Ville de Longueuil s’était initialement engagée à suspendre son opération d’abattage de cerfs au parc Michel-Chartrand jusqu’à ce que la cause puisse être décidée sur le fond.
Toutefois, le mois dernier, la Ville a annoncé qu’elle prévoyait malgré tout entreprendre une chasse contrôlée à l’arbalète dès cet automne en vue de réduire le cheptel d’une centaine d’individus.
La mairesse Mme Fournier avait affirmé à ce moment que les démarches judiciaires n’avaient «aucun impact» sur le plan d’action de la Ville.
Réactions
Sur son site internet, la SPCA de Montréal se dit satisfaite du jugement prononcé par la Cour supérieure et affirme qu’elle sera prête à faire valoir son point de vue lors de l’audition du 28 septembre, notamment en ce qui concerne la méthode de mise à mort retenue par la Ville de Longueuil, qui comporte de graves risques de souffrance.
En effet, selon l’organisme, le tir à l’arbalète cause fréquemment des blessures qui ne tuent pas l’animal ciblé instantanément, ce qui fait que le délai avant la mort peut être prolongé et que l’animal reste conscient alors qu’il meurt d’une perte de sang massive.
Sur Facebook, le directeur général de Sauvetage Animal Rescue, Éric Dussault, s’est réjoui de la décision de la Cour supérieure.
«La Ville de Longueuil vient de frapper un nœud. […] La marionnette et son pantin sont clairement pas sur le champagne ce soir. Ce n’est pas gagné, mais vous savez comment ça me plaît d’être la roche dans le soulier des représentants du ridicule», a-t-il écrit.
La question rebondit au conseil municipal
La question de l’abattage des cerfs de Virginie au parc Michel-Chartrand a de nouveau rebondi lors de la dernière séance du conseil municipal de Longueuil, le 23 août.
Les citoyens Ginette Tremblay, Lucie Gélinas, Michel Aubin, René Grignon et Jean Lapierre ont interpellé à tour de rôle les élus au sujet des cerfs afin de connaître individuellement leur position. Ces intervenants ont également souligné les dangers associés à la chasse l’arbalète et la mort lente que celle-ci peut causer chez les animaux abattus de cette façon.
La mairesse a réitéré le fait que la décision d’abattre les cerfs est basée sur la science.
«On suit les recommandations de l’Ordre des biologistes du Québec et de l’Ordre des vétérinaires du Québec. Nous sommes engagés en ce sens pour l’équilibre écologique du parc Michel-Chartrand dont l’état de dégradation est confirmé par les experts et les scientifiques qui disposent des compétences pour en juger», de conclure Catherine Fournier.

