La Maison des jeunes de Longueuil a reçu une subvention de 300 000$ du provincial afin de rafraîchir ses lieux. Une aide fortement bienvenue pour l’organisme dédié aux jeunes de 12 à 17 ans, qui souhaite en profiter pour appuyer davantage les ados à une ère de montée de la violence et de l’intolérance.

Lorsqu’on lui demande comment vont les jeunes de façon générale, Sophie Giroux est ambivalente : «ils vont bien, ils vont mal… ça dépend des jours!», dit-elle, rappelant que plusieurs ados de l’agglomération vivent au quotidien avec des enjeux de violence, de consommation ou de négligence parentale.

«Je rencontre régulièrement des jeunes qui se font dire qu’ils ne sont pas suffisants nulle part dans leur vie ni dans leur famille ni à école ni partout», poursuit-elle.

De là l’importance d’un lieu comme la Maison des jeunes, indique la directrice générale, un endroit où les jeunes sont bien entourés ou bénéficient de suivis avec des intervenants. «Ça va bien ici parce qu’ils se sentent écoutés.»

D’ailleurs, une partie des rénovations permettra à l’organisme de poursuivre cette mission de donner un espace sécuritaire aux jeunes, notamment en aménageant une salle d’apaisement et un espace pour les interventions avec les jeunes.

«En ce moment, quand on fait une intervention, c’est plus difficile parce qu’on n’a pas de salle dédiée à ça. On a un studio, mais si un jeune est dedans, c’est difficile», explique Sophie Giroux.

Le montant, octroyé dans le cadre des projets 2025-2026 du Programme d’aide financière aux infrastructures jeunesse (PAFIJ), permettra aussi de réparer les toilettes défectueuses.

Montée de la violence… et de l’intolérance

Questionnées sur la montée de la violence chez les jeunes Sophie Giroux et Caroline Montpetit – la présidente du conseil d’administration de la Maison des jeunes et petite-fille de la fondatrice Antoinette-Robidoux – notent également que c’est une réalité qui frappe les jeunes fréquentant l’organisme.

Cette réalité avait notamment été exposée à la Maison Kekpart en novembre.

«Moi je n’avais jamais entendu par le passé que mes jeunes avaient peur, qu’ils ne se sentaient pas en sécurité à l’école. C’est nouveau depuis quelques années qu’on me dise : « j’ai peur de me faire passer à tabac à l’école » et ce n’est pas normal qu’un enfant de 14 ans me dise ça!» indique la directrice générale.

Les enjeux de santé mentale et de consommation sont encore très forts, ajoute Caroline Montpetit. Mais aussi, l’organisme observe une nouvelle montée de l’intolérance.

«Tout ce qui est racisme, sexisme, homophobie, masculinisme. Il y a eu mouvement de tolérance, mais il y a une remontée de ce genre de violence. C’est important de faire de la sensibilisation là-dessus», soutient Sophie Giroux, pour qui la Maison des jeunes est parfois un refuge pour les ados. «C’est important que les jeunes pussent être eux-mêmes, sans se faire juger, dans une société où ils se font juger partout, parfois même par leurs propres parents», ajoute-t-elle.