La Presse Canadienne révélait récemment que plusieurs salles d’opération sont fermées à travers le Québec et que de nombreux blocs opératoires sont sous-utilisés. Le Courrier du Sud a ainsi sondé les CISSS de la région pour connaître leur réalité.
Dans le reportage, on notait que 134 salles d’opération sur les 560 disponibles au Québec sont fermées et que plus du trois quarts des blocs ont une utilisation sous le seuil du 85%, soit le seuil généralement visé, indique le CISSS de la Montérégie-Est.
Pour les hôpitaux de Longueuil, on retrouve effectivement des salles fermées, mais le taux d’utilisation est autour de 90%.
Hôpital Pierre-Boucher
C’est notamment le cas à l’hôpital Pierre-Boucher de Longueuil, où le taux moyen d’utilisation des blocs opératoires a été de 90,9% entre le 1er avril 2025 et le 7 février 2026. Les deux autres hôpitaux de la Montérégie-Est – Honoré-Mercier à Saint-Hyacinthe et l’Hôtel-Dieu de Sorel – affiche eux aussi un taux supérieur à 90%.
Le CISSS de la Montérégie-Est indique cependant que chacun de ces hôpitaux ont des salles d’opération inutilisées. À Pierre-Boucher, en moyenne, 9 des 11 salles sont utilisées. Deux salles sont généralement fermées dans les hôpitaux de Saint-Hyacinthe (5 sur7) et Sorel également (3 sur 5).
«Certaines salles sont réservées aux urgences, dont les césariennes, et l’ouverture complète des capacités dépend de la disponibilité des ressources», précise le CISSS par courriel.
Celui-ci indique que la disponibilité du personnel est le principal enjeu afin de maintenir toutes les salles ouvertes et d’augmenter la capacité.
Hôpital Charles-Le Moyne
La situation à l’hôpital Charles-Le Moyne est similaire, alors que 8 des 10 salles sont utilisées.
Selon les plus récentes données du CISSS de la Montérégie-Centre, le taux d’utilisation des blocs opératoires est de 88,01% pour les huit salles ouvertes de l’établissement.
Le CISSS souligne avoir ouvert une salle supplémentaire trois jours par semaine en décembre 2025 et dit travailler «sans relâche» pour améliorer l’accès aux opérations.
«Différentes mesures ont été mises en place pour y parvenir. Nous avons notamment adopté la méthode du « pool » de patients pour certains types de chirurgies. Cela signifie que le premier médecin disponible pour opérer un patient le prend en charge», indique-t-il.
Les patients dit hors délai se font de plus offrir de se faire opérer dans un autre hôpital. «Une salle de l’Hôpital du Haut-Richelieu [à Saint-Jean-sur-Richelieu] est d’ailleurs utilisée deux fois par semaine pour opérer des usagers de l’Hôpital Charles-Le Moyne qui sont en attente d’une chirurgie depuis plus d’un an», ajoute le CISSS.
Tout comme pour la Montérégie-Est, le CISSS de la Montérégie-Centre explique que son principal obstacle pour l’ouverture de toutes ses salles est la disponibilité de la main-d’œuvre.
Selon le répertoire d’Index Santé, entre le 16 novembre 2025 au 13 décembre 2025, on retrouvait pour toute la Montérégie plus de 18 800 personnes en attente d’une opération, dont 489 en attente depuis plus d’un an.

