Selon Carrefour pour Elle de Longueuil, les menaces physiques, psychologiques, verbales, sexuelles et économiques sont autant de signaux d’alerte à surveiller en matière de violence conjugale.
Ébranlée par le sixième féminicide survenu au Québec depuis le début de l’année — le 2 février à Brossard — la directrice générale de Carrefour pour Elle à Longueuil, Marie-Christine Plante, rappelle l’ampleur des besoins. L’an dernier, l’organisme fondé en 1975 a hébergé 83 femmes et 101 enfants victimes de violence conjugale. Onze intervenantes travaillent à l’accueil en hébergement.
«Il y a toujours une dynamique complexe dans les situations de violence conjugale. Et il faut souvent plusieurs tentatives avant de réussir à quitter un conjoint violent, souligne Mme Plante. Certaines femmes restent par souci de sécurité financière, d’autres pour les enfants.»
La directrice générale rappelle qu’un contexte de séparation constitue souvent un facteur déclencheur dans les cas de féminicides. «Nous sommes en train de vérifier si quelque chose nous a échappé dans notre filet de protection. Si cette femme nous avait contactées», confie-t-elle.
Maison Laurence Jalbert
Malgré les difficultés, l’organisme annoncera ce printemps l’ouverture de la Maison Laurence Jalbert dans l’arr. du Vieux-Longueuil. «Nous serons en mesure d’offrir de l’hébergement à plus long terme», se réjouit Mme Plante.
Besoins croissants
Pour la directrice générale, le taux d’occupation de 117% des installations de Carrefour pour Elle illustre bien la gravité de la situation. «Parmi les femmes hébergées, 72% ont vécu de la violence physique, 40% du harcèlement, 31% ont eu des menaces de mort et 13% mentionnent avoir vécu une tentative de meurtre!» lance Mme Plante.
«Hélas, nous avons dû refuser 435 femmes et leurs enfants par manque de places. Nous les avons référées vers d’autres organismes, mais nous ne savons pas si elles ont pu trouver de l’aide», déplore la directrice.
L’hébergement ne représente qu’un des volets des services offerts par l’organisme. En 2025, sa ligne d’aide accessible 24 heures sur 24 a reçu 3 573 appels, tandis que plus de 675 femmes ont eu recours aux services externes.
Budget
Malgré un financement de 1,795 M$, Carrefour pour Elle estime qu’il lui manque au moins 500 000 $ pour maintenir la qualité de ses services.
Pour l’heure, l’organisme espère que le gouvernement du Québec aura de bonnes nouvelles à annoncer concernant la violence faite aux femmes lors du dépôt du budget en mars. «On ne veut pas tomber dans les craques du plancher», lance la dg de Carrefour pour Elle.

