Parents d’un jeune garçon, Alizée Calza et Gabriel Poirier Lemoine ne s’attendaient sans doute pas à ce que la création d’un balado jeunesse nécessite quelque 500 heures. Mais de Les 1001 vies de Tatie Lily, qui met à contribution leur créativité sous toutes ses formes, ils retiennent surtout le plaisir qu’ils ont eu à le concevoir et celui, espèrent-ils, qui se transmettra à de nombreux enfants et parents.
L’idée est née d’un besoin chez ces parents souvent sur la route. Elle vient de Suisse, il est originaire d’Abitibi. Les vols d’avions, les longs trajets en voiture, ils connaissent. Avec bébé, c’est parfois long. Comment le divertir sans lui coller un écran devant le visage?
«On s’est dit que ce serait bien de juste pouvoir mettre les écouteurs et qu’il puisse écouter un petit feuilleton. Sans écran, il n’est pas surstimulé. Au contraire, c’est son imagination qui sera stimulée», évoque Gabriel Poirier Lemoine.
L’offre disponible ne correspondait cependant pas à leurs besoins, notamment parce que les épisodes étaient souvent très courts. «Cinq minutes, c’est le fun pour un petit garçon, parce que c’est à peu près son temps d’attention. Mais quand on fait huit heures de route pour aller à Val-d’Or, cinq minutes, c’est court. Surtout qu’il le veut en boucle… C’est très court!» illustre Alizée Calza.

Les parents se sont donc lancés dans le projet de créer leur propre balado jeunesse.
Ces deux musiciens ont mis leur bagage respectif à profit. Journaliste, Mme Calza a écrit les histoires, puis a fait des voix. Durant 12 épisodes de 20 à 30 minutes, Tatie Lilie raconte des histoires rocambolesques à Jonathan et Mélanie, son neveu et sa nièce.
Auteur-compositeur-interprète, M. Poirier Lemoine a créé l’univers sonore des épisodes, qui bénéficie chacun de leur propre musique. «ll a décidé de vraiment se compliquer la vie», dit sa conjointe en riant.
«Chaque épisode a son propre univers. Il y en a un qui se passe plus du côté de la science-fiction. Puis il y a un Far West. Il fallait repartir à zéro chaque fois», justifie-t-il.
Ayant déjà enregistré et effectué le montage de livres audios, il a pris la responsabilité de réaliser et monter les épisodes des 1001 vies de Tatie Lily. Il a prêté lui aussi sa voix à des personnages.
Projet de famille
L’intention de départ du couple était d’embaucher des acteurs. Leur d’obtenir du financement n’ayant pas été concluante, ils ont décidé de tout de même aller de l’avant et de se prêter au jeu, littéralement.
«Je pense que le résultat est… charmant. Quand il nous manquait des voix et que ma maman passait au Québec, on l’a impliquée. Mon papa aussi», relate Mme Calza.
Son père, Gilles Calza, est graphiste et bédéiste. Il a créé l’univers visuel de Tatie Lily. Non seulement un dessin illustre chaque épisode, mais une série d’images défilent durant les épisodes diffusés sur YouTube. Malgré le support visuel sur cette plateforme, l’essence du projet demeure un balado audio, assurent les parents.

Maintenant, le garçon de trois ans et demi de Gabriel et Alizée les réveille tous les matins à 5h15 et demande de «mettre un Tatie Lily». «Il vient avec moi dans le lit, il se colle contre moi, raconte la maman. Et là, je lui mets un épisode. Il aime ça!»

«Toutes ces heures de travail rapportent, elles nous permettent de dormir un peu plus longtemps!, ajoute le papa. On espère que ce sera utile aussi à d’autres parents. Et qu’ils vont avoir du fun aussi!»
Les épisodes sont disponibles gratuitement sur la plupart des grandes plateformes. Il est aussi possible de suivre leurs nouvelles sur la page Instagram Le Calza Lab.


