75e anniversaire du Courrier du Sud. Depuis 1947, on peut dire que Longueuil a subi plusieurs mutations marquées par la création d’infrastructures nécessaires à son développement, ainsi qu’une série de fusions qui ont modifié son tracé et le profil de sa population.

«Le phénomène des fusions date du début des années 60, rappelle l’historien Michel Pratt. À Longueuil, il y a eu une petite fusion en 1961 avec Montréal-Sud où vivaient environ 5000 personnes. Mais la grosse fusion fut celle de 1969. À l’époque, [la Ville de] Jacques-Cartier comptait peut-être 70 000 ou 75 000 personnes. »

Selon l’auteur du livre Histoire populaire de Longueuil des origines à nos jours, cette fusion était pour le moins inhabituelle, puisque la population n’avait pas été consultée. Chose inimaginable de nos jours.

«La population et le territoire de Longueuil ont alors augmenté de façon considérable, poursuit-il. Les gens ont tendance à l’oublier mais, durant une courte période, avant les défusions de 2006 sous Jean Charest, Longueuil était la troisième plus grande ville du Québec. Elle est la cinquième de nos jours.»

Outre les transformations découlant de ces fusions, la période d’après-guerre fut porteuse de changements pour la Rive-Sud, qui a accueilli de nombreuses jeunes familles dans ses modestes habitations de l’époque.

«Jusqu’en 1945, la population ne bougeait pas beaucoup, affirme Michel Pratt. Jacques-Cartier, c’était encore agricole et il y avait toujours beaucoup de fermes à Saint-Hubert. Tout ça a beaucoup changé. Les soldats étaient de retour de guerre, il y a eu un exode rural et les logements étaient remplis à Montréal. La population a continué d’augmenter depuis et nous avons aujourd’hui les 250 000 résidents, 400 000 si on parle de l’agglomération.»

Cité universitaire

Une augmentation aussi significative amène ses besoins en termes d’infrastructures.

La création de deux hôpitaux, Charles-Le Moyne (1966) et Pierre-Boucher (1979), découle des enjeux inhérents à une telle transformation. La création du Cégep Édouard-Montpetit en 1967 et surtout, l’arrivée de l’Université de Sherbrooke en 1989, ont pour leur part changé l’image de la ville.

La venue d’Expo 67 et l’arrivée du métro ont par ailleurs entraîné de nombreux changements sur le plan du transport et de la circulation.

Outre l’entrée en fonction du tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine et les travaux effectués sur la route 132, il ne faudrait pas oublier l’impact majeur de la construction du pont Champlain, inauguré en 1962, celle de l’autoroute 30 (rebaptisée autoroute de l’acier en 1977), ainsi que la construction de la voie maritime (1954) qu’empruntent chaque semaine des centaines de navires.

Représentativité et environnement

Ces dernières années, deux grands mouvements ont également laissé leur marque sur la façon dont les affaires sont gérées par la Municipalité, selon M. Pratt.

Le souhait manifesté par une partie de la population d’être représentée de façon plus significative a été exaucé lors des élections du 7 novembre 2021.

Et si les trois dernières personnes à avoir occupé le poste de maire de la municipalité sont des femmes (Catherine Fournier, Sylvie Parent, Caroline St-Hilaire), il ne faut pas remonter bien loin dans le temps où une telle situation aurait été impensable.

«C’est absolument majeur, croit Michel Pratt. C’est arrivé assez tardivement. Ç’a commencé à débloquer dans les années 80 et ça s’est poursuivi dans les années 90. On pense à l’élection de Caroline Saint-Hilaire en 2009, mais il ne faut pas oublier que, à Ville Le Moyne, Louise Gravel a été mairesse de 1981 à 1993.»

Les préoccupations environnementales font également partie des dossiers récurrents dont on discute à la mairie.

«C’est une des grandes préoccupations de la nouvelle génération, ajoute l’historien. Ça explique en partie pourquoi la Ville a mis beaucoup d’énergie sur deux très gros parcs, soit le parc Michel-Chartrand et le parc de la Cité qui a été réaménagé afin de préserver des espaces verts.»