Apparition d’un campement, sac de couchage abandonné, personne dormant dans un parc, volonté d’aider une personne mal en point… Lorsqu’un message concernant des enjeux d’itinérance est acheminé au 311, la Ville de Longueuil agit comme chef d’orchestre afin que des actions soient rapidement prises et que l’ensemble des intervenants concernés puissent agir. Elle encourage la population à développer ce «réflexe citoyen» de signaler toute situation qui les préoccupe. Pour les équipes, les citoyens sont leurs «yeux sur le terrain».
L’ensemble de ces requêtes tombent dans la boite courriel de Marie-Noëlle Dufour-Boivin, agente – coordination d’activités en développement social et communautaire. Une façon de ne pas dédoubler le travail au sein de la Ville et d’assurer une coordination.
«J’ai 24 heures pour prendre connaissance de la requête et adresser déjà des actions. Ça ne sera peut-être pas nécessairement tout de suite le retour du citoyen», prévient-elle.
«Mon premier réflexe, dans la grande majorité des cas, poursuit-elle, ce sera de contacter les agents RÉSO du SPAL [Service de police de l’agglomération de Longueuil] qui agissent pour l’itinérance, pour qu’ils obtient un premier aperçu de la situation.»
Les agents effectuent déjà régulièrement des tournées de proximité avec des membres de Santé Québec Montérégie (Est ou Centre). «Ils pourront offrir de l’aide, des ressources, discuter avec la personne. S’il y a un campement qui semble habité, ils pourront prendre l’état de la situation», expose-t-elle.
Ces informations récoltées reviennent à Mme Dufour-Boivin. «Ensuite, ça va débouler», résume-t-elle. Elle s’assurera au besoin de contacter les services concernés au sein de la Ville ou les partenaires. S’il s’agit par exemple de déchets à ramasser, l’équipe des travaux publics sera sollicitée.
Signaler
Au fil des dernières années, les campements se sont multipliés sur le territoire de Longueuil. Non seulement une approche de tolérance a été adoptée par la Ville, mais les citoyens sont invités à signaler tout nouveau campement.
«On veut savoir où sont les campements sur notre territoire, afin de leur offrir un accompagnement. On peut les répertorier afin que nos équipes policières, nos équipes de prévention des incendies, nos partenaires, comme les travailleurs de rue de Macadam Sud, Santé Québec, puissent aller à la rencontre de ces gens», explique Héloise Baril-Nadeau, conseillère en développement social. Au sein de cette équipe dédiée à l’itinérance, une troisième collègue travaille surtout sur ce qui concerne la cohabitation sociale.
L’objectif ultime : réaffilier ces personnes auprès des organismes. «Est-ce que ça va se faire du jour au lendemain? Sûrement que non, mais on va travailler avec eux afin qu’ils quittent éventuellement leur campement», ajoute-t-elle.
Ces requêtes sont essentielles afin d’offrir à la Ville un portrait juste de la situation et lui permettre d’établir ses priorités.
«Chaque semaine, on a une vigie en itinérance. Le mercredi matin, ça dure 30 minutes. C’est les 30 minutes les plus productives de notre semaine, avec l’ensemble de nos partenaires!» lance sa collègue.
Ces rencontres permettent de répertorier les différents enjeux de la semaine et de passer à l’action.
Le nombre de requêtes concernant l’itinérance est passé de 172 en 2021, à 551 en 2024. Et tout laisse croire que la tendance demeure à la hausse. De ce nombre, il s’agit essentiellement de citoyens domiciliés, car les personnes en situation d’itinérance ne contactent pas le 311. «Souvent, ils n’ont pas le réflexe d’aller vers les choses un peu institutionnelles», souligne Mme Baril-Nadeau.
Sensibiliser
Face à l’itinérance de plus en plus visible, de nombreux citoyens contactent la Ville avec le souhait d’aider. «Certains nous demandent : comment je peux aider? Quelles sont les ressources? Comment je peux faire des dons?»»
Les organismes communautaires du territoire qui œuvrent en matière d’itinérance demeurent les références pour gérer les dons. «On donne toujours l’exemple : si tu vas sur le bord de l’eau porter trois matelas et qu’il mouille le soir même, c’est fini, les matelas ne sont plus en état de servir», illustre Marie-Noëlle Dufour-Boivin.
Si elle nomme ce réflexe altruiste de la population, certains citoyens qui contactent la Ville sont parfois dans un tout autre état d’esprit. «Ça commence souvent par «ça n’a pas de bon sens, qu’est-ce que vous faites?» reconnait-elle. Ce ne sont pas des appels qui durent deux ou trois minutes. On prend le temps d’en discuter, de nommer les actions qui sont en cours. Il y a réellement des actions à chaque requête. Il y a toujours des suivis de terrain, et pas juste une fois.»
Sa collègue constate aussi que les citoyens tardent parfois à contacter le 311 et endurent longtemps une situation préoccupante ou problématique. Elle comprend donc leur frustration, leur épuisement parfois, et leur besoin d’être écoutés. «C’est pour ça qu’on essaie de faire de la sensibilisation à ne pas hésiter à appeler le 311. C’est un travail qu’on doit faire ensemble», souligne Héloise Baril-Nadeau.
En tout temps, un retour est assuré au citoyen. «À la fermeture de chaque 311, je répète souvent : n’hésitez pas à nous recontacter si ça ne s’améliore pas, si autre chose se produit, relève Mme Dufour-Boivin. On est vraiment là pour répondre à leurs questions, à leur sentiment d’insécurité et trouver des solutions avec le terrain.»
Les citoyens peuvent joindre le 311 notamment par téléphone et courriel ([email protected]) ou encore contacter la Ville sur Messenger et via ses réseaux sociaux. Il est aussi possible de contacter Info-Azimut, pour transmettre anonymement de l’information criminelle (450 646-8500 ou https://www.longueuil.quebec/fr/info-azimut).

