SANTÉ. Les techniciens de laboratoires de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) des hôpitaux Charles-LeMoyne et Pierre-Boucher ont manifesté aujourd’hui afin de dénoncer l’absence totale de consultation dans le projet de centralisation des laboratoires Optilab.
L’ensemble des techniciens en laboratoire du Québec sont sortis simultanément de leur laboratoire pour démontrer leur frustration par rapport au projet du ministre Barrette. Pendant la manifestation, les syndiqués de l’APTS ont fait du piquetage et distribué des tracts devant les hôpitaux
En Montérégie, le projet Optilab se traduira par une diminution de 20% des heures travaillées en laboratoire. À terme, environ 300 employés devraient être transférés vers l’hôpital Charles-LeMoyne, dont plusieurs ayant actuellement comme lieu de travail Saint-Jean-sur-Richelieu, Sorel-Tracy, Valleyfield et Saint-Hyacinthe, puisque la réorganisation Optilab enverra près des 70% des analyses effectuées au centre hospitalier de l’arr. de Greenfield Park.
«C’est une terrible perspective pour notre région, qui a grand besoin de ces emplois. Nos salariés contribuent grandement à l’économie locale», a mentionné le représentant politique de l’APTS, Francis Collin.
Selon l’APTS, le vaste projet de réorganisation pourrait entraîner la perte de plusieurs emplois, en plus de mettre en péril la qualité des services offerts aux patients.
«Faire voyager des échantillons sur des dizaines de kilomètres et dans le trafic, engendrera des pertes et des retards dans le traitement des analyses, déplore la présidente de l’exécutif local de Réseau local de service (RLS) Champlain, Janel Etchie. Plus le patient est physiquement proche du laboratoire, plus le délai entre le prélèvement de l’échantillon et le diagnostic est court.»
Plainte au Tribunal administratif du travail
Pour le syndicat, «la méthode Barrette, autoritaire et antisyndicale», est profondément irrespectueuse de ses membres. L’APTS a d’ailleurs déposé une plainte au Tribunal administratif du travail.
«Nous continuerons de mettre de la pression tant que le ministre nuira au personnel professionnel et technique du réseau de la santé et des services sociaux et entravera notre travail auprès de nos membres», a ajouté Francis Collin.
Économies de 75 M$
De son côté, le ministre maintient sa position et assure que le projet Optilab a pour but de doter le Québec du meilleur système de laboratoire et d’offrir des services de qualités à la population en matière de sécurité, de pertinence et d’efficience.
«Il permettra de faire des économies de l’ordre de 75 M$, qui seront réinvesties dans le réseau. Nous ne pouvons pas passer à côté de cette marge de manœuvre, dans un contexte où la technologie a beaucoup évolué», a précisé l’attachée de presse du ministre de la Santé Gaétan Barrette, Julie White.
Elle ajoute qu’il est important de rappeler que «les services à la population seront maintenus et qu’aucun laboratoire ne sera fermé».
«Les analyses urgentes ou qui ne peuvent pas être transférées seront toujours faites localement. Il n’y aura pas de différence pour les patients, qui obtiendront leurs résultats au moins aussi rapidement et n’auront pas à se déplacer. Optilab s’articulera différemment dans les grands centres versus les régions, afin de tenir compte des particularités de chaque milieu», ajoute-t-elle.
