Le 3 novembre, une altercation a éclaté sur le terrain de l’école secondaire Mgr-A.-M.-Parent, à Longueuil. Deux adolescents en seraient venus aux poings après que l’un d’eux aurait tenté de défendre sa jeune cousine, qui aurait été victime de taxage. Les deux jeunes ont été arrêtés, mais la mère du garçon venu protéger sa sœur, Nadia Cenacle, dénonce vivement l’intervention des policiers du Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL). Elle affirme que ses enfants ont été traités de manière inappropriée et compte déposer une plainte officielle à la déontologie policière.

D’après Mme Cenacle, l’incident trouve son origine le 29 octobre, lorsqu’un adolescent de 15 ans aurait exigé que sa fille lui remette l’argent prévu pour son repas à la cafétéria. Informé de la situation, son fils de 16 ans aurait alors cherché à confronter le jeune en question.

Le SPAL a confirmé au Courrier du Sud qu’un appel au 911 a été reçu le 3 novembre, vers 10 h, concernant une altercation entre des adolescents sur le terrain d’une école située sur le boulevard Grande Allée, à Longueuil, dans le secteur Saint-Hubert. «Des gestes d’intimidation ainsi que des voies de fait auraient été commis. Le SPAL a procédé à l’arrestation de deux peronnes mineures en lien avec ces infractions. Le dossier a été soumis au DPCP pour analyse», indique-t-on.

Mme Cenacle dénonce vivement le comportement des policiers envers son fils. «Il défend sa cousine, et c’est lui qui se fait arrêter», lance-t-elle, encore incrédule.

Elle ajoute que des jeunes ont employé le mot en N pour désigner son fils et l’ont menacé en laissant entendre qu’il subirait le même sort que Nooran Rezayi, l’adolescent d’origine arabe de 15 ans abattu par un policier du SPAL le 21 septembre. 

Selon elle, les policiers ont eu un comportement raciste avec ses enfants, car ils auraient dit qu’ils se complaisaient à jouer les victimes. «Comment peut-on dire ça à des enfants, alors que l’agresseur est de l’autre côté?» demande Mme Cenacle.

Un policier aurait dit à la mère de famille de «…déposer une plaine en déontologie si elle n’était pas contente».

Excuses

Le SPAL affirme comprendre les préoccupations exprimées et avoir pris contact avec la mère. «Nous poursuivons la cueillette d’informations à l’interne afin de bien comprendre la situation et assurerons un suivi à l’interne et auprès d’elle.»

De son côté, Mme Cenacle confirme que le SPAL «s’est excusé au nom de ses agents», mais qu’il ne pouvait pas forcer ses agents à s’excuser; une attitude qu’elle a beaucoup de mal à comprendre. Elle ajoute que ses enfants ne se sentent plus en sécurité à l’école et qu’un avocat a déjà été contacté.

Plan de lutte contre l’intimidation

Du côté du Centre de services scolaire Marie-Victorin, on affirme accorder «une grande importance à la création d’un milieu scolaire sécuritaire et respectueux pour tous les élèves».

À ce sujet, Geneviève Cormier, des Affaires publiques et relations médias, rappelle que «tous nos établissements scolaires disposent d’un Plan de lutte contre l’intimidation et la violence. Celui-ci vise à sensibiliser les milieux et à assurer des interventions rapides et adaptées lorsqu’une situation est portée à l’attention des équipes-écoles. Ce plan repose sur la mobilisation du personnel, des parents et de nos partenaires afin de créer un environnement scolaire sécuritaire et respectueux pour tous.»

Elle ajoute que le CSS Marie-Victorin «invite les élèves qui vivent ou sont témoins d’intimidation ou de violence à s’adresser au personnel de leur école. Ils sont présents pour écouter, soutenir et intervenir de façon appropriée afin de favoriser un climat scolaire sain et inclusif.»