Dix mois après avoir demandé un permis de construction à Longueuil, Sergio Pereira devra patienter encore plusieurs mois, tout en payant 12 000 $ de taxes annuelles sur son terrain vacant.
La situation est d’autant plus frustrante pour le propriétaire que la Ville a récemment quadruplé la taxe sur les terrains vacants desservis par les infrastructures municipales afin d’inciter leurs propriétaires à y construire des logements.
«La Ville a quadruplé les taxes sur ces terrains pour forcer les nouvelles constructions, mais est incapable d’émettre des permis», déplore M. Pereira, dont le terrain est évalué à 350 000 $.
M. Pereira a bien hâte de pouvoir y construire une maison unifamiliale pour lui, sa conjointe et leur petite fille d’un an.
Selon lui, la Ville se trouve dans une situation contradictoire. «La Ville stoppe l’émission des permis indéfiniment, mais collecte des taxes abusives. Ça devrait être l’un ou l’autre. Soit elle donne des permis, soit elle réduit les taxes.»
Propriétaire d’un terrain voisin, Jessica Giroux vit une situation similaire. Elle a déposé sa demande de permis en décembre 2025, sans obtenir de réponse depuis.

«Nous n’avons toujours aucune nouvelle ni même de retour d’appel quand nous appelons à l’urbanisme», déplore-t-elle.
Elle aussi dénonce le quadruplement de la taxe sur son terrain vacant, alors que la famille attend de pouvoir entreprendre son projet d’autoconstruction.
«La Ville veut nous forcer à construire rapidement, mais elle n’émet pas de permis. Nous sommes une famille avec deux jeunes enfants de 2 ans et 8 mois qui attend avec impatience de pouvoir commencer notre autoconstruction.»
Une stratégie qui fonctionne
La Ville de Longueuil défend sa politique fiscale, qui vise à favoriser une utilisation optimale du territoire et à stimuler la construction de logements pour répondre aux besoins croissants en habitation.
«En effet, le règlement de taxation sur les terrains vacants desservis par les infrastructures municipales remplit bien son rôle, puisqu’il incite au redéveloppement de ces terrains qui seraient autrement demeurés sous-utilisés, en période de crise du logement», soutient-elle.
La Ville précise toutefois qu’elle ne peut pas prioriser ces demandes par rapport aux autres dossiers soumis à la direction de l’aménagement et de l’urbanisme.
Elle indique également qu’il lui est difficile de chiffrer le nombre de demandes traitées au cours de la dernière année et celles toujours en attente.
Plusieurs projets nécessitent des démarches supplémentaires, comme un plan d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA), une dérogation mineure, une modification réglementaire ou une autorisation de démolition. Ils ne suivent donc pas tous le même parcours administratif qu’une demande de permis standard.
Des délais à améliorer
La direction de l’aménagement et de l’urbanisme délivre environ 5000 permis et certificats chaque année. Selon la Ville, la majorité sont délivrés en moins de 30 jours et la quasi-totalité en moins de six mois.
L’administration reconnaît néanmoins que les délais pourraient être améliorés et affirme que ses équipes travaillent activement en ce sens.
Elle souligne que la durée du traitement dépend notamment de la conformité du projet à la réglementation. Plus un projet s’écarte des normes en vigueur, plus son autorisation risque de prendre du temps.
Les demandes nécessitant des dérogations mineures, des modifications réglementaires ou des démolitions contribuent ainsi à prolonger l’analyse et la délivrance des permis.

