La bibliothèque de l’École internationale Lucille-Teasdale, à Brossard, s’est transformée en lieu d’échange entre trois candidates de la circonscription de La Pinière et des élèves de secondaire 4, dans le cadre de leur cours d’histoire.
Tour à tour, Linda Caron, du Parti libéral du Québec, Jacinthe Chapleau, de Québec solidaire, et Tina Jiuru Zhu, du Parti vert du Québec, se sont présentées avant de répondre aux questions des jeunes.
Parmi les élèves âgés de 15 et 16 ans, Anaïs Ouamar, Isabelle Castro, Camille Scott et Jingbo Gao ont suivi attentivement les échanges.
Anaïs Ouamar affirme suivre sur les réseaux sociaux certaines formations politiques et leurs chefs. Isabelle Castro, pour sa part, se préoccupe particulièrement d’éducation et d’environnement. «Le système public, ça m’inquiète un peu, le fait qu’on veut le rendre privé, par exemple. Ce ne sont pas toutes les familles qui ont les ressources financières», souligne-t-elle.
L’IA, une question restée sans réponse
Les élèves sont toutefois demeurés sur leur faim lorsqu’est venu le temps d’aborder l’intelligence artificielle. «Ce sont des politiciens. Ils n’ont pas vraiment répondu à ces questions», estime Anaïs Ouamar.
Jingbo Gao croit pour sa part qu’il ne faut pas craindre l’intelligence artificielle, mais plutôt apprendre à composer avec cette nouvelle réalité.
Camille Scott aurait quant à elle aimé entendre davantage les candidates sur le sujet. «Elles n’en ont pas parlé du tout. Il aurait été intéressant de connaître leur opinion là-dessus. Nous, on est jeunes. Comment l’IA va influencer nos emplois plus tard?»

Les quatre élèves disent utiliser à l’occasion l’intelligence artificielle, notamment pour vérifier des sources. Pour Anaïs Ouamar, l’école devrait plutôt apprendre aux jeunes à s’en servir que de chercher à l’interdire.
«Maintenant, ç’a pris une grosse place dans notre société, dans la vie de tous les jours. On ne peut pas l’effacer. Il n’y a plus de retour en arrière. Je pense qu’ils devraient nous montrer comment l’utiliser afin qu’on l’utilise de façon positive et pas négative.»
Le coût de la vie au coeur des préoccupations
Pour Anaïs Ouamar, c’est toutefois le coût de la vie qui constitue l’une des principales préoccupations pour sa génération. «Moi, si je vois qu’il y a un parti qui nous offre, qui nous promet vraiment des trucs pour changer notre quotidien, des solutions à nos problèmes, moi, j’embarquerais. Il y a plein de gens qui travaillent et ils ne vivent pas, ils survivent.»
Elle évoque notamment la situation de son père, un immigrant originaire d’Algérie qui occupe deux emplois pour subvenir aux besoins de sa famille. «Je le respecte beaucoup pour ça. Je regarde dans d’autres familles, il y a aussi des parents immigrants ou même des parents qui viennent ici, qui ont un travail, et les enfants sentent qu’ils ne sont pas assez soutenus financièrement. Dans notre société, le coût de la vie augmente et augmente et augmente. Quand ce sera à notre tour, qu’est-ce qu’on va faire?»
Isabelle Castro souhaite pour sa part que tous puissent bénéficier des mêmes possibilités. «Il y a des personnes qui ont de bonnes opportunités, d’autres moins. Par exemple, je trouve que les filles doivent faire tellement plus et travailler beaucoup plus que les garçons. Pour moi, c’est l’égalité de tout. Pour les hommes, les femmes, pour les emplois, pour les opportunités.»
Le manque de personnel dans les services publics préoccupe également Camille Scott. «Je trouve qu’on est en grand manque de personnel. Les infirmières, la santé, l’éducation aussi, on manque beaucoup d’enseignants. Seulement cette année, j’ai deux enseignants qui ne sont pas là. Je me retrouve avec deux enseignants qui n’étaient pas censés être là au départ.»
L’indépendance du Québec
La question de l’indépendance du Québec soulève également des interrogations chez les adolescents, notamment dans le contexte des relations tendues entre le Canada et les États-Unis.
Anaïs Ouamar estime que le Québec serait trop petit face au géant américain. «Il faut compter sur les forces armées canadiennes.»
Pour Jingbo Gao, qui s’intéresse aux relations internationales, la présence de mouvements indépendantistes au Québec et en Alberta contribue à fragiliser la position du Canada face aux États-Unis.
Au terme de la rencontre, les quatre adolescents, qui auront droit de vote dans deux ou trois ans, ont jugé l’exercice intéressant, mais sont retournés en classe avec les mêmes préoccupations concernant leur avenir.
À noter que les autres candidats inscrits dans La Pinière, soit Tzarevna Bratkova, du Parti conservateur du Québec, Emilia Farcutiu, du Parti canadien du Québec, Clément Mireault, de l’Équipe Christine Fréchette – Coalition avenir Québec, et Sarah Plante, du Parti québécois, n’ont pas répondu à l’invitation.

